Nous étions à la dernière Assemblée Générale du Centre de la Chanson, le 16 janvier dernier, annonçant la fin de cette association qui existe depuis 25 ans, avec pour but d’aider au développement de la chanson. Par abandon des instances d’État, le Centre de la Chanson se voit contraint de fermer ses portes. Voici ce que nous pouvons t’en dire !

Sur son site, le Centre de la Chanson annonçait qu’il était obligé « d’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée Générale, le 16 janvier dernier, la cessation des activités du Centre de la Chanson.» L’AG avait lieu au Forum Léo Ferré et l’affluence était large, de nombreux adhérents étaient présents suite à l’annonce de ce coup dur pour le Centre de la Chanson.

L’AG débute normalement avec la prise de parole de Gérard Morel, Président, qui d’entrée explique que la situation du centre a empiré et que l’issue en est déjà sellée, comme nous allons pouvoir le découvrir au fil de l’AG.

Annonce de la fin du centre de la chanson
Le bureau du centre de la chanson

Roxanne Joseph, directrice du centre, prend le relai et explique les actions menées au cours de l’année : actions plus nombreuses, augmentation du nombre d’adhérents, beaucoup de participants aux rencontres professionnelles, augmentation du nombre de participants au tremplin « Et la chanson va ! », belle réussite de l’annuaire de la chanson créé par le centre, utilisation du studio de répétition, etc… Le Centre de la Chanson, cette année n’a pas chômé, ce qui ne fait qu’amplifier notre sentiment de gâchis, quant à la situation.

Gilles Tcherniak, trésorier du centre, a la délicate tâche de présenter les comptes de l’association.
Il est évident que le Centre de la Chanson ne pouvait pas se permettre de ne pas être très précis quant à l’utilisation du budget prévisionnel, qui n’est pas épais comparativement à tout ce que le centre réalise avec. Et le bilan montre clairement que les dépenses énoncées étaient tenues sans extravagances ni dépassements.

C’est lorsqu’arrive la présentation des apports de subventions que le bas blesse.
En effet, le Centre enregistre une baisse effective des apports de différents acteurs porteurs de subventions, qui revoient donc leurs promesses à la baisse… et l’un d’entre eux a annoncé en fin d’année ne pas reconduire son apport.
Les subventions n’étant qu’un estimatif dans le budget prévisionnel, dont le montant final n’est obtenu qu’à la fin de l’année, les baisses de subventions présentes et surtout futures, ont eu raison des possibilités d’activité du Centre.

Après avoir rendu les locaux, licencié les permanents, n’ayant donc plus de possibilités de gains, le Centre de la Chanson ne pourra pas repartir sur une année d’existence précaire, qui n’aurait pour finalité que de rendre la situation encore plus désastreuse, voire insolvable.

Le conseil d’administration a donc décidé de faire voter la fermeture définitive du centre de la chanson et de déclarer sa cessation de paiement. La motion a été acceptée la mort dans l’âme par la majorité, et le bureau a été renouvelé une dernière fois, quasiment à l’identique, pour mener cette mission qui marquera la fin de l’existence du Centre de la Chanson au mois de Mars 2017.

Bien sûr les réactions et les discussions des adhérents du Centre présents furent nombreuses et diverses.
Si l’affect s’est beaucoup exprimé, essayant de trouver une solution de reprise, une pétition, une voie de salue pour sauver le Centre de la Chanson, malheureusement la réalité financière de la situation ne montrait qu’une issue : celle de la cessation de paiement.

Nous voyons de plus en plus de lieux menacés, d’institutions d’aide au développement artistique qui ne savent plus s’ils vont pouvoir continuer d’aider au développement de nouveaux projets… Nous déplorons cet abandon de l’État à la nécessité du développement de la Culture dans sa diversité. Le fait est qu’aujourd’hui ce désengagement se fait cruellement sentir. Quand une institution qui, depuis 25 ans, défend les petits acteurs culturels, permet la diversité, promeut la culture de proximité, etc. se voit contrainte de fermer ses portes, de cesser ses activités, nous ne pouvons y voir là qu’un signal fort du recule de la culture accessible au plus grand nombre.

Le Centre de la Chanson a choisi de partager le texte qui suit avec ses membres, texte que nous avons choisi de partager à notre tour, en espérant que ce témoignage participera, si besoin, à la prise de conscience des difficultés grandissantes des acteurs culturels.


Après 28 années d’existence, le Centre de La Chanson est sur le point de fermer ses portes.

Depuis sa création, par ses activités et initiatives multiples, le Centre de la Chanson a fait preuve de son utilité sociale et culturelle. C’est un projet d’intérêt général, un service gratuit, de conseil et d’accompagnement, un outil utile et nécessaire aux artistes de la filière chanson et plus particulièrement aux artistes en développement.

L’association a su procéder à l’enrichissement de son projet et de son offre en tenant compte des évolutions de la filière chanson et des nouvelles demandes.

2013 a été une étape importante pour l’association par la rénovation du projet associatif, la mise en place d’une nouvelle direction et d’un conseil d’administration renforcé.

Durant les 3 dernières années, cette nouvelle orientation a produit des résultats positifs incontestables : audience renforcée, augmentation du nombre d’adhérents, offre d’activités élargie, visibilité accrue notamment avec le doublement des candidatures au tremplinEt la chanson va ! (ex : Vive la reprise !).

Tout celà aurait dû se conjuguer avec un accompagnement financier maintenu voire amélioré de la puissance publique et des sociétés civiles. Or, force est de constater le désengagement progressif et important de l’État et plus particulièrement de la DRAC Ile de France. À cala s’ajoute la baisse considérable de l’aide de la SACEM et l’annonce par l’ADAMI de l’arrêt total de sa contribution pour 2017.

L’ensemble de ces constats conduit à une impasse budgétaire, et donc à l’impossibilité pour notre association de poursuivre son activité.

C’est un nouveau coup porté à la chanson et à ses artistes qui résulte directement du désengagement de l’État en matière de politique publique et des nouveaux arbitrages des sociétés civiles.

Non seulement nous déplorons cet état de fait mais nous protestons vigoureusement contre ces orientations néfastes pour les acteurs de terrain, pour toutes celles et ceux qui agissent pour la chanson dans toute sa diversité, et surtout pour les artistes.

Plus largement, les réseaux départementaux, les structures de diffusion du spectacle vivant, le monde associatif dans son ensemble subissent de plein fouet ces désengagements. Ainsi c’est tout un réseau d’accompagnement et d’entraide, bâti patiemment par quelques passionnés, qui disparait peu à peu. Les structures les plus fragiles tombent les premières et parmi elles, bien sûr, celles dédiées à la chanson.

Et pourtant, avec les nombreux projets menés, les rencontres artistiques diverses, les milliers d’artistes talentueux qui ont poussé la porte du Centre de la Chanson, le bilan des actions de l’association est riche.

Nous espérons que des initiatives seront prises pour rassembler celles et ceux que pénalisent ces orientations désastreuses. Il est nécessaire de partager nos expériences et nos actions, d’élaborer et d’exprimer nos revendications devant cette politique publique à la baisse et cette position de plus en plus incompréhensible des sociétés civiles pour que vive la chanson dans toute sa diversité.

Le centre de la chanson
>>> Si vous souhaitez les contacter
>>> le site du Centre de la Chanson