“Méditerranéennes”, c’est l’importance des origines et de leurs diversités. “Méditerranéennes”, c’est la fierté de défendre qui on est et notre histoire. “Méditerranéennes”, c’est ouvrir les yeux sur la chance que l’on a de pouvoir partager nos différences et nos cultures, et de faire une force de toute cette richesse.

Il y a 19 ans, j’entendais pour la première fois cette voix qui a provoqué en moi mes premières vraies émotions musicales. Depuis, à chaque album, à chaque projet, l’artiste me surprend et me touche, encore et encore.  Après 6 albums explorant et offrant toutes les couleurs musicales qui l’anime, Julie Zenatti s’est lancé dans un projet collectif pour ce 7ème opus.

« Je m’appelle Julie Zenatti.

Toutes mes origines sont là : un prénom français, le nom de la tribu berbère des Zénètes, une terminaison italienne…

À une ou deux lettres près, je serais d’un autre pays, d’une autre culture, d’une autre religion, je m’exprimerais probablement dans une autre langue. À une ou deux lettres près, je serais une Zenatti sarde, kabyle, corse, arabe.

La Méditerranée, c’est la seule réponse que je peux faire quand on me demande d’où je viens. Je pense alors à nos ancêtres, nos parents qui se sont croisés, mélangés, ont partagé les mêmes danses et le même beurre de baratte. Et quand on chante les mêmes chansons et que l’on savoure la même cuisine, on ne peut que vivre ensemble.

Entre nous, quel que soit notre passeport, notre religion ou notre langue natale, nous n’avons jamais eu besoin de parler de tolérance, de respect et de vivre ensemble. Nous sommes comme des enfants nés de la même histoire. Chanter la Méditerranée, c’est chanter cette richesse-là. C’est chanter contre tous ceux qui nous séparent… »

Dans chaque titre, dans chaque note, dans chaque mot, une intensité et une sincérité qu’on ne peut pas feindre. Chacun des artistes participant à ce projet ont livré une part intime et profonde d’eux même. C’est ce qui m’a frappé dès la première, et ce que m’a confirmé la rencontre avec Julie Zenatti et Chimène Badi lors de l’interview pour la sortie de l’album.

Je ne vais pas vous parler de production, du casting, ou décrire chaque chanson point par point. Cela n’aurait aucun sens, puisque la force de cet album est bien au-delà de tout ça. Mais si vous l’écouter, voilà une partie de ce que vous allez découvrir.

Le premier titre “Amal” est pour moi un des plus fort de ce disque, tant dans le message que dans l’interprétation de Julie Zenatti et Chimène Badi. Les mots “Liberté sur nos bouches” résonnent avec tellement de profondeur dans leurs voix… La version de “La Maritza” de Elisa Tovati et Nawel Ben Kraïem m’a fait redécouvrir complètement le titre et le message qu’il contient. “Zina”, c’est l’énergie, le courage, l’optimisme aussi “Emmène avec toi / Ici ou là-bas / La liberté c’est ton droit”. Quand Isulatine et Julie Zenatti chantent “Avinu Malkeinu”, c’est le moment où même sans comprendre un mot de cette prière en hébreu, l’intention et les sons résonnent en nous. Puis quand Chimène Badi reprend “Ssendu” en kabyle, c’est un peu pareil avec en plus une lumière qui se dégage avec une évidence dingue. “L’exil”, adaptation française de “Dromoi Pou Agapisa” est bouleversante tant ses mots nous renvoient à une réalité encore bien trop d’actualité… “Et si en plus y’a personne”, les mots d’un des plus grands titres d’Alain Souchon portés magnifiquement par les voix de Julie Zenatti et Samira Brahmia. “La Alegria” est un titre bonus sur la version Itunes qui aurait largement mérité sa place dans l’album. Dans cette interprétation (en espagnol), tout le talent, l’intensité et la sensibilité de Julie Zenatti. “Babel”, un autre titre bonus qui aurait lui aussi mérité d’être sur l’album (cette fois ci sur l’édition spéciale Leclerc de l’album) chanté par Cabra Casay, Julie Zenatti, Samira Brahima et Rose, est d’une beauté et d’une douceur infinie : “Pour le dire, j’ai tous les mots de la terre / Toutes les langues, toutes les couleurs et la lumière”. Qu’il est bon de voyager de sonorités en sonorités, d’histoires en histoires ! Que de couleurs mises en lumière par des artistes, des femmes et des hommes, qui ouvrent à travers la musique une fenêtre sur le monde à ceux qui sauront l’y voir.

Pour résumer, “Méditerranéennes”, c’est à la fois une invitation au voyage intérieur et une invitation à aller à la rencontre des autres.

Que dire de plus ? À toi qui a un à priori qui fait que tu hésites à te plonger dans cet album, quel qu’il soit, laisse le de côté juste un instant, sois curieux, écoute, et tu pourrais être surpris par tout ce que la musique peut transmettre quand l’intention est vraie et profonde.