Balthaze est un artiste poly-instrumentiste à la performance scénique chaque fois réinventée qui a sorti son premier album solo « Invisible Animal » en mars 2016. Au travers d’une musique énergique et d’une voix habitée, Balthaze écume les routes à la rencontre d’humains de tout horizon avides du vivre ensemble. 

Soyons-Désinvoltes : Bonjour Balthaze, tu viens de sortir le clip « Ombilicalement vôtre ». Dans tes titres tu traites souvent des instantanés de vie que tu exprimes avec distance, amusement, espièglerie ou tendresse… Dans « Ombilicalement vôtre » peut-on dire que tu traites du thème de l’égoïsme sociétal, du narcissisme social ?

Balthaze : Je ne me souviens plus exactement comment, quand et dans quel état j’ai écrit cette chanson ; ce dont je me rappelle c’est d’avoir souvent été traversé par l’impression de me causer à moi même en la chantant. Ce qui ne manque jamais de me faire sourire intérieurement, j’avoue. À l’image de ces employés de bureau qui tapent dans un sac de frappe sur lequel est collée la photo de leur supérieur, je me mets parfois à l’amende, c’est une forme de sanité peut être…

S-D : Je me suis dit qu’une deuxième lecture de ta chanson pouvait correspondre à une voix intérieure qui veillerait à nous empêcher de tomber dans tous ces travers narcissiques, et libre à chacun de se l’approprier ?

B : Bingo… Une chanson ne nous appartient plus vraiment dès lors qu’on la libère de sa prison dorée qu’est l’imagination. (Tu vois, là, je viens de me faire kiffer par exemple, rha lovely…)

S-D : Le clip a été réalisé par Antoine Dresch avec la participation de nombreux amis. Comment se sont passés le tournage et la réalisation ?

Balthaze clip ombilicalement votre
Balthaze dans son clip « Ombilicalement Vôtre »

B : J’ai rencontré Antoine Dresch lors d’un tournage de teaser pour les plateaux chansons sur le Bateau El Alamein, il m’a dit : « Balthaze, c’est quand tu veux pour faire de l’image ensemble ». Ce à quoi j’ai rétorqué : « même un plan séquence ? » La surprise fût belle d’apprendre que c’était un de ses projets à venir. Ni une ni deux, je l’ai amené sous le pont de Bercy, on a fait un test, pris RDV pour le 24 juin, fait un événement sur le réseau bleuté, et hop, le projet était lancé ! Mon idée de départ était d’avoir un maximum de gens qui sont là depuis le début, à mes concerts, en collaboration ou tout simplement en amitié.

Balthaze ombilicalement votre
Balthaze – Crédit Photo Sandrine Roche

Malheureusement, le calendrier m’a fait défaut et grand nombre d’invité.e.s n’ont pu venir le jour du tournage, alors j’ai imaginé les choses un peu différemment sur place le jour même.

Une anecdote de tournage : l’enceinte bluetooth qui m’envoyait le son est tombé en panne pendant la troisième et dernière prise. J’ai continué en improvisant la suite, mais comme j’ai demandé aux gens présents sur le clip de me surprendre avec un objet, une posture ou ce qu’ils, elles voulaient, j’ai ralenti et je me suis paumé dans le texte et dans la chanson. On a donc, au montage, accéléré un morceau de la dernière partie pour que ça se recale avec le son ajouté en post-production.

Résultat nous avons là un plan séquence sur du son où l’image change de rythme alors que la musique ne bouge pas. J’aimerai toujours les accidents de la vie, c’est un des moteurs de création les plus puissant qui soit.

S-D : Je sais que tu es dans les préparatifs d’un nouvel album (et on a hâte de pouvoir en parler bientôt NDLR), peux-tu nous en dire quelques mots ?

B : J’ai réuni tout le matériel nécessaire, instruments, micros, logiciels, etc… Je me suis enfermé dans ma cave et j’ai réalisé seul les titres de ce futur album. Actuellement, je suis en phase de mix, le visuel avance également, il n’y a guère que le mastering auquel je ne m’attaquerai pas. Le matériel pour cette tâche est encore hors de ma portée.

C’est un album concept d’une dizaine de chansons beaucoup plus funk mais tout autant acoustique que le premier. On y retrouvera la chanson « Kebab », morceau maquetté il y’a quelques années pour une émission de radio bordelaise et auquel j’avais adjoint un clip plus qu’artisanal ; il y’aura aussi « Paname » qui fût chanson du jour sur le site Nos Enchanteurs (une version live au Zèbre de Belleville enregistré le soir de la sortie de l’album Invisible Animal), mais également « J’attends » qui est une des premières vidéos que j’ai lancé sur le net il y’a deux ans.

S-D : J’ai vu que des dates se profilent pour l’été ? C’est quoi le programme des prochains mois ?

B : Je fais deux concerts au mois d’août sur Paris et sa région (fête du canal de Pantin et guinguette la Javelle Paris XV), puis je retourne dans mon sous-sol soigner ma production. Le soleil attendra pour brûler ma couenne ! Dans les mois à venir, il y’a bien sûr des concerts de prévus, mais pas que. Je produis l’E.P de Te Beiyo, je travaille sur des bande-son pour la compagnie de rue Arbre Compagnie, j’écris le scénario du prochain clip (Emeus moi) et j’aurai d’ici le début de l’année prochaine des ateliers d’écriture avec les scolaires de ma ville, Aubervilliers. Et je crois bien que c’est à peu près tout !

Merci Balthaze, à bientôt !

Et voici le clip :