Aude Henneville a sorti son nouvel album « Passer l’hiver » début septembre. À cette occasion, nous lui avons posé quelques questions. 

En 2012, je découvre Aude Henneville dans « The Voice ». Sa voix et son interprétation m’ont tout de suite touché. Quelques mois plus tard, je découvrais son univers folk français et ses talents d’auteur – compositeur à travers son EP « Personne m’a dit ». Depuis, je l’ai vu sur scène, là où l’on voit au delà du travail artistique, toute la sincérité et la chaleur humaine qu’elle donne à travers sa musique et qu’elle partage avec le public. Vous l’aurez compris, Aude Henneville est une artiste que j’apprécie particulièrement, et je suis donc très heureuse qu’elle ait accepté de répondre à ces quelques questions ! Pour ce qui est de son nouvel album (tout comme pour les précédents d’ailleurs), je ne peux que vous conseiller d’aller le découvrir si ce n’est pas déjà fait ! 

Soyons désinvoltes: Comment résumerais-tu l’expérience “The Voice” (2012) en quelques mots ?

Aude Henneville: Je n’étais pas vraiment à mon aise pendant les directs, j’avais peur du jugement, peur de mal faire. La plus belle expérience, pour moi, a été de faire la tournée « The Voice » qui a suivi l’émission. Un cadeau pour tout le monde je pense, une tournée incroyable. J’ai pris beaucoup plus de plaisir sur scène, que j’ai pu en prendre sur le plateau de télé pendant 3 mois. Pendant l’émission et après, il y a eu de très belles rencontres, et de jolis moments de partage avec les équipes techniques, caméramans, ingénieurs du son, musiciens…

Soyons désinvoltes: En 2013, tu as sorti un EP “Personne n’a dit”…

Aude Henneville: Avant l’émission j’avais déjà mes chansons, et j’étais signé depuis 2 ans chez Universal Publishing (édition), ils m’ont « invité » à faire les castings en me disant que si je voulais signer avec un label ça serait peut être plus évident et plus simple pour eux en tant qu’éditeurs parce qu’il s’agirait d’une belle vitrine. Moi, je pensais plutôt faire ça à l’ancienne en allant démarcher des Labels avec des enregistrements, des maquettes… Mais l’évolution du métier fait que participer à une émission comme « The Voice » devient presque un passage incontournable. Ça m’a permis d’avoir une belle vitrine, c’est certain, mais ça ne m’a pas fait signer pour autant en label. Faut dire qu’après 3 mois d’émission ou je ne faisais que des reprises, me proposer un album de reprises était pour moi impensable. J’avais juste envie de livrer mes propres chansons.

L’EP « Personne n’a dit » est donc sorti peu de temps après la tournée « The Voice », et je l’ai promotionné pendant un an en 1ère partie de STARS 80. Il y a eu un très bel accueil de la part du public. Ca s’est vraiment très bien passé, et j’étais enchantée de redécouvrir les années 80 qui avaient bercé ma jeunesse et de connaitre ses artistes.

Soyons désinvoltes: En 2015 arrive ton album “À part ça tout va bien”. Un album dans lequel se mélangent titres lumineux et textes à écouter attentivement (« À part ça tout va bien », « Oh lord », « D’ici ou d’ailleurs »). La chanson, c’est un moyen de faire passer des messages pour toi ?

Aude Henneville: Il n’y a que comme ça que j’y arrive. Il y a pleins d’artistes qui arrivent à faire passer leurs messages que ce soit en chansons ou à travers une toile. Moi je m’exprime ainsi, avec ma guitare, parce que je ne sais pas faire autrement. J’ai besoin de livrer des émotions et traiter des sujets qui me touchent, me tiennent à coeur, comme les SDF dans la chanson “À part ça tout va bien”, ou encore l’esclavage dans le titre “Oh lord”. Le travail d’écriture, c’est aussi se demander comment on peut raconter une histoire en restant le plus juste possible.

Et pour moi, c’est une manière de me faire connaître plus sensiblement, au travers de mes chansons où je me livre à 2000%.

Soyons désinvoltes: Tu as tourné le clip de « À part ça tout va bien » grâce au soutien des gens qui te suivent sur les réseaux sociaux. Comment est-ce que ça s’est passé ?

Aude Henneville: Ça c’était génial. Quand on est artiste on s’investit beaucoup. Faire un album ça coute très cher, aller en studio aussi. C’est un investissement personnel et financier. J’ai pleins d’idées de clips sur mes chansons, mais ce sont des choses que je ne peux pas toujours réaliser puisque financièrement ça ne suit plus. Je ne suis pas une artiste qui vit très bien de la musique, qu’on se le dise clairement.

Comme il y a des personnes désireuses de m’aider. Au départ, l’idée était juste de réaliser un clip, qui s’est décliné en PAD (Prêt A Diffuser, pour pouvoir être diffusé en télé). Mais ce n’est pas parce qu’on fait un PAD que ça va forcément être diffusé. C’est comme un album. Ce n’est pas parce qu’on fait un album qu’il va forcément être diffusé en radio. Et après, comme ces mêmes personnes avaient encore envie de m’aider et de s’investir, j’ai également pris un attaché de presse. Qui commence tout juste son travail…

En somme, je suis plus que reconnaissante de l’aide et du soutien que les gens peuvent m’apporter.

Soyons désinvoltes: Après l’EP “Si c’était ça la vie” sorti au mois d’Avril, ton nouvel album “Passer l’hiver” vient de sortir. Comment le décrirais-tu en quelques mots ?

Aude Henneville: Je dirais que c’est un album doux et folk. Beaucoup plus doux que le précédent. Il tourne beaucoup autour des thèmes de l’Amour parce que je suis assez réceptive aux émotions et de ce que les gens veulent bien me confier. Avec cet album j’avais envie de donner un petit peu de douceur et de fraîcheur à travers des chansons comme “Si c’était ça la vie” ou « Vivre vite » , profiter de l’instant présent et des moments précieux que l’on peut partager entre amis ou en famille ou encore le fait juste de prendre du temps pour soi dans la vie c’est important. Des appels au voyage comme « Alors je pars » ou encore des chansons engagées comme « Toujours sourire » Puis, dans « Passer l’hiver », « Je te pardonne », « On dirait bien qu’on s’est choisi » on reste sur des chansons d’amour. Je suis persuadée que l’on en a tous un peu besoin.

Soyons désinvoltes: Si tu ne devais garder qu’un seul titre de cet album, ça serait lequel et pourquoi ?

Aude Henneville: Je dirais “Passer l’hiver”. Parce qu’en premier lieu, j’aime beaucoup le mot « Hiver ». Ça m’inspire beaucoup de choses, des images me viennent, comme rester emmitouflé dans un plaid quand il fait froid dehors, il y a une espèce d’atmosphère particulière que j’aime beaucoup, même si personnellement je suis plus adapte des longues soirées d’été. Je trouve qu’au niveau du texte, ce titre me ressemble beaucoup, il y a une certaine nostalgie, sa mélodie est douce, on se laisse facilement porter. Ce n’est pas pour rien que j’ai appelé cet album ainsi. Il traduit également la difficulté que je peux vivre en qualité qu’artiste à vivre de ma musique, et au delà de la chanson et de ce qu’elle raconte, chaque année, je me demande si j’arriverai a continuer dans ce milieu, et si je passerai l’hiver prochain d’ou son titre « Passer l’hiver »

Soyons désinvoltes: Il n’est pour l’instant disponible qu’en version physique. C’est un choix pour pousser les gens à acheter l’objet plutôt que de le télécharger sur une plate forme numérique ?

Aude Henneville: Oui, c’est un choix. Je n’ai pas voulu reproduire ce que j’avais fait sur l’album précédent. A titre personnel, je continue d’acheter des albums, et j’aime pouvoir toucher l’objet, regarder le livret, les crédits, les paroles, les chansons, les photos…Mais la sortie numérique est toutefois prévue pour le Vendredi 13 Octobre, en espérant que cette date me porte chance 😉

Soyons désinvoltes: Pour ce nouvel album tu travailles encore avec Hervé Brault. Peux tu nous parler de ta collaboration avec lui qui dure maintenant depuis quelques années ?

Aude Henneville: C’est un guitariste de renom qui accompagne les plus grands artistes, c’est également un super arrangeur, qui se met au service de la musique, ce qui est devenu très rare de nos jours. Nous nous sommes rencontrés sur le plateau de “The Voice”. Il faisait parti des musiciens qui accompagnaient les artistes. Un soir, pendant un boeuf après un concert de la tournée « The Voice Tour » , j’ai pris la guitare et chanté une de mes chansons. Il m’a dit “c’est vraiment bien, ça groove ! J’aime beaucoup ce que tu fais”. On s’est échangé quelques unes de nos chansons, et il m’a dit de l’appeler si un jour je cherchais un réalisateur pour faire un album. L’histoire a commencé comme ça… Depuis, on ne se lâche plus, puisque ça fonctionne…

Soyons désinvoltes: Avec qui travailles-tu au développement et à la mise en avant de ton projet ? Il y a une équipe autour de toi ? Producteur, tourneur, attachée de presse ?

Aude Henneville: J’ai eu plusieurs producteurs avec qui j’ai fait des bouts de chemins. Aujourd’hui, je travaille en soliste ou en collaboration avec des tiers qui m’aident à faire avancer le projet, en me trouvant des dates… pour mon plus grand bonheur. J’ai aussi des personnes qui croient en moi, parfois même plus que moi je ne peux croire en moi.

Ce sont des soutiens indispensables et porteurs qui m’aident a aller de l’avant, c’est important de se sentir épaulée.

Soyons désinvoltes: Quel regard as-tu sur ton album aujourd’hui ? Il est comme tu l’avais imaginé ?

Aude Henneville: Il est exactement comme je le désirais au moment où je le voulais. C’est très important pour moi d’être en accord avec ce que je veux et ce que je suis surtout. Quand j’ai quitté mon travail, et que je me suis mise à faire de la musique et a en vivre, je me suis jurée d’être 100% en accord avec mes idées, mes envies pour ne jamais rien regretter.  Et ne jamais être sous la contrainte de faire des choses ou des choix qui ne me ressemblent pas. Tout ce que j’entreprends, je le fais avec coeur et passion.

Soyons désinvoltes: Quelles sont les difficultés que tu rencontres aujourd’hui en tant qu’artiste indépendante ?

Aude Henneville: Le plus difficile c’est de tout mettre en place, on ne s’en rend certainement pas compte, mais il y a beaucoup de choses à gérer. Je dis souvent, qu’il faut être un artiste « multi-tâches », et pour cause, au delà de l’écrire, la composition, les enregistrements, il faut savoir faire son propre graphisme, être son propre réalisateur de clips, parfois même savoir se prendre en photos, se mettre en action ( et je pense notamment aux réseaux sociaux) , démarcher ses propres concerts, réaliser et produire ses propres dates, mettre une série de showcases en place (et je ne vous raconte même pas le temps passé à envoyer des mails et être au téléphone) , trouver des radios, des interviews, les faire, bien entendu, répondre à ses fans, être sur les réseaux sociaux, sans compter toutes les démarches administratives et la liste est longue… etc  Mais ce qui est véritablement alarmant, c’est de ne pas trouver le temps de répéter mes chansons, de travailler mon répertoire. Finalement et tristement la musique passe en second plan. On va faire un concert comme ça, un peu à l’arrache, en essayant de répéter le jour même mais sans en faire de trop pour éviter de s’épuiser le soir. Ce n’est pas facile, j’avoue, mais cela ne m’empêche pas d’avancer pour autant…

Soyons désinvoltes: Tu as fait deux concerts au Sentiers Des Halles pour la sortie de l’album. Comment se sont passés ces dates ?

Aude Henneville: Très bien ! C’était rempli, donc une certaine fierté ! C’était deux concerts fabuleux, dans une formule que je découvrais. Il y avait Hervé Brault qui m’accompagnait à la guitare comme d’habitude, ainsi qu’un contrebassiste Franck Bedez. C’était une jolie formule trio. J’aurais aimé avoir un peu plus de temps pour la travailler, comme faire quelques jours de résidence en amont, par exemple. Les gens étaient contents, moi aussi, mes musiciens également donc j’étais ravie ! A refaire en somme

Soyons désinvoltes: Des showcases dans de nombreux Cultura ont été annoncé pour Octobre et Novembre.

Aude Henneville: Oui. Je pense qu’il est important de passer par cette étape pour montrer qu’on est là, qu’on existe. Après il va y avoir des choses qui vont se mettre en place, c’est en cours. Il y aura surement d’autres concerts que je vais auto-produire, peut-être des premières parties, et il va certainement y avoir d’autres showcases pour 2018. J’ai vu que les gens réagissaient en disant qu’il n’y en avait que pour la région parisienne, donc il y a d’autres endroits où il faudrait aller… Le tout, c’est de le mettre en place.  C’est beaucoup de boulot et de temps pour organiser tout ceci. Tant que je passe mes journées au téléphone et à faire des envoies de mails, je ne le passe pas à faire de la musique. Mais on n’a rien sans rien. Ces étapes semblent incontournables.

Soyons désinvoltes: La scène, c’est quoi pour toi ?

Aude Henneville: C’est une forme de « délivrance », on livre enfin ses chansons réellement, on se livre soi-même , on donne des émotions, on fait passer des messages, et on partage avec le public, enfin !

Soyons désinvoltes: Quelle serait ta définition du mot “musique” ?

Aude Henneville: Un partage. J’aime également partager des musiques que j’apprécie. Sur les réseaux notamment, il m’arrive de partager ce que j’écoute et de faire découvrir d’autres artistes.  Principalement de la chanson anglo-saxonne et des artistes peu connus en France. Partager sa propre musique ou celle des autres. La musique, c’est avant-tout, un partage, un échange.

Soyons désinvoltes: Si tu devais conseiller un seul artiste à découvrir ?

Aude Henneville: J’en parle souvent, mais James Taylor. Pour moi il a tout. Les textes sont pêchus, les musiques aussi, c’est agréable à écouter, sa musique me donne envie de voyager. C’est un artiste que j’affectionne particulièrement.

Le nouvel album de Aude Henneville « Passer l’hiver » est disponible en version physique sur le site de l’artiste : http://www.audehenneville.com et verra le jour sur toutes les plateformes numériques ce Vendredi 13 Octobre 2017.