Victor Roux alias Grimme a sorti son album « The world’s all wrong but It’s all right » en mars 2017. Ce disque est à la fois mélancolique, nostalgique et lumineux. Rencontre avec un artistes aux multiples talents. 

Soyons désinvoltes: Tu viens d’une famille qui n’était pas particulièrement mélomane. Quel est ton premier souvenir musical ?
Grimme: Il y a deux aspects. Mon premier flash, c’est mon cousin qui joue de la guitare. J’étais vraiment petit, je devais avoir 5-6 ans. J’ai voulu faire de la guitare parce que mon cousin faisait de la guitare. Après, j’ai découvert les disques de ma mère, les Rolling Stones. À 6 ans, j’ai découvert Nirvana et ça a été une sorte de révélation. De là est né le fantasme de vivre de la musique.

Soyons désinvoltes: À quel moment est ce que l’art et la musique deviennent plus qu’un loisir ?
Grimme: Quand tu es gamin tu rêves. Tu te dis « Quand je serai grand, je ferai ci ou ça ». Comme je ne viens pas d’une famille d’artiste, ça effraie l’entourage. Les clichés de devoir d’abord trouver un boulot, etc. À l’école ça ne se passait pas forcément bien, je m’ennuyais. J’ai assez vite fait un deal avec mes parents. J’aurais un bac parce que c’est ce qu’ils veulent, mais ensuite je ferais ce que je veux. J’étais assez naïf, je ne me suis jamais dit que ça ne marcherait pas. Je ne me voyais pas faire autre chose. J’étais jeune et je n’avais absolument pas conscience de la galère que ça allait être de vivre de la musique.

Soyons désinvoltes: Après avoir été dans plusieurs groupes (Azrael, XX Mariani) qui étaient assez punk rock, tu décides de te lancer en solo sous le nom de Victor après ton arrivée à Paris. À ce moment-là, à quoi ressemblent tes chansons ?
Grimme: J’ai été pendant 6 ans dans un squat à Lyon. J’y ai peu vécu, mais ça a été mon quotidien pendant toute cette période. Je pense que ton entourage influence ce que tu crée. Et donc, cette ambiance un peu punk et très industrielle amenait à des musiques un peu dures. Ça plus l’adolescence. Après tu grandis, tu t’assagis, tu résous des choses, ton environnement change, et donc ta musique évolue. Quand le squat a fermé, je suis partis à Paris. J’ai fais alors une sorte de virage à 90°. Je vivais déjà de l’art, mais pas encore de la musique. Et mon but, c’était de vivre de la musique. J’avais déjà fait pas mal de chemin, j’étais intermittent, j’avais fait des installations, je galérais un peu aussi, mais j’arrivais à vivre de ce que je voulais. J’ai eu une opportunité et je me suis retrouvé à passer du jour au lendemain d’un milieu très alternatif underground Lyonnais dans ma friche, à la friche qui ferme, je suis un pote qui lui signe en major et me fait embrayer à travailler avec des majors et accompagner des artistes sur des grosses tournées. C’est quelque chose que j’avais rêvé de faire toute ma vie, partir sur des grosses tournées avec des gens qu’on voyait à la télé. C’était de la musique très variété, ce n’était pas du tout ma culture, mais je vis la tournée rock’n’roll dont j’ai toujours rêvé, avec des gens que j’aime bien, à passer des moments que j’aimais bien. Je me retrouve donc, pas dans la même ville, pas du tout la même ambiance, pas à vivre en communauté, à faire de la musique tous les jours. Je me retrouve tout seul, sans la pression du groupe pour dire « Ça, c’est trop comme ci ou ça, c’est trop comme ça ». J’ai commencé à expérimenter des choses et à me laisser aller à quelque chose de beaucoup plus pop. À Lyon, je m’interdisais beaucoup de choses. J’ai toujours aimé la pop, j’en ai toujours écouté. À Paris, je me suis laissé explorer mon côté pop. Au début je me cherchais, et petit à petit j’ai mûri et je me suis trouvé dans une musique plus visuelle, plus arrangée et plus cinématographique.

Soyons désinvoltes: En 2013 ton projet solo qui s’appelle jusque là « Victor » change de nom et devient Grimme (dont le premier EP sortira en 2015). Pourquoi ce changement ?
Grimme: Je trouvais qu’il y avait un truc qui ne sonnait pas avec « Victor ». Je trouvais que ça sonnait très chanson. Et pour des raisons de mise en visibilité du projet, je trouvais que ça ne collait pas. Grimme ça correspondait complètement à l’idée de ce que je voulais défendre à travers ma musique. Dans tout ce que je fais artistiquement il y a la même idée. Celle qu’on est entouré par des choses grises, des choses un peu dures, et qu’on peut faire le choix de complètement les occulter, de les oublier, voire même de les remplacer en acceptant de rêver et de repeindre un peu le gris qui nous entoure par l’imagination, le rêve, le lâcher prise. J’aimais bien l’idée de grimer son monde à travers l’imaginaire. Et aussi, les Comptes de Grimm. La thématique de l’enfance est très récurrente dans tout ce que je fais. Je trouvais que ça me correspondait plus artistiquement que juste mon prénom.

Soyons désinvoltes: Avec Grimme, tu mélanges tes influences artistiques tant musicales que visuelles. En plus de la musique, tu es également passionné de peinture et de vidéo. D’où te sont venues ses différentes passions ?
Grimme: J’ai grandi de passions populaires, regarder des films, écouter des disques, etc. Ça me passionnait vraiment, j’y passais beaucoup de temps. J’ai creusé pleins de choses par le biais de rencontres. Je me suis laissé un peu porter au gré des rencontres de gens qui avaient des passions. Il y a pas mal de gens qui m’ont fait découvrir le cinéma, le théâtre, la peinture, la littérature, etc. Je n’étais pas quelqu’un de forcément très érudit à la base. Je suis un autodidacte qui adore la démerde. Si j’ai envie de peindre, même si je suis nul je vais quand même le faire, pour moi. Ça n’engage que moi, et la question de la qualité ne se pose pas. Ce qui fait qu’en presque 20 ans j’ai touché à pleins de trucs. Pour ce projet je voulais être le plus possible moi-même, et donc pas me cantonner à une seule voie d’expression. En fait, j’avais envie de m’amuser. C’est sans prétention, je ne prétends pas être un grand peintre ou un grand vidéaste ou un grand réalisateur, ce n’est pas du tout le truc. Je veux me faire plaisir, et créer mon petit monde. Et, je ne fais pas les choses tout seul non plus. Les chansons je les écris avec des auteurs, les vidéos, je fais tout avec des potes. J’aime créer les choses avec d’autres personnes, partager, échanger.

Soyons désinvoltes: Quelle est l’importance de l’image à la musique pour toi ?
Grimme: Oui, c’est quelque chose qui est hyper important pour moi. J’ai toujours eu un rapport visuel à la musique. Je pense qu’on est beaucoup dans ce cas-là. J’ai toujours vu des couleurs quand j’entendais des sons. Et surtout, c’est que mes plus grosses claques musicales, ça a souvent été sur des BO. Je trouve qu’une chanson est presque plus forte quand tu la regardes dans un clip que quand tu l’écoutes sur un disque. Une chanson qui est forte, si tu la mets sur une image et que ça s’emboîte bien, c’est encore plus fort. J’aime mettre des sons qui évoquent une image. Que ça soit des sons concrets ou des trucs un peu organiques. Quand je fais de la musique, j’aime qu’elle soit imagée, qu’à l’écoute dans ton imagination tu es des images qui arrivent.

Soyons désinvoltes: Tu as déjà travaillé pour du cinéma ?
Grimme: Non, c’est quelque chose que j’essaie de faire, mais ça marche beaucoup à la rencontre. J’adorerai faire ça ! J’ai essayé de creuser, mais je n’ai jamais rencontré la bonne personne qui pousserait ce genre de porte.

Soyons désinvoltes: Tu as créé l’association AADN avec des amis de Lyon en 2004. Avec eux tu as participé à la création de nombreuses installations interactives, visuelles et sonores, comme « les hommes debout ». Peux-tu nous parler un peu de cette association et de ses projets ?
Grimme: Aujourd’hui, j’en suis un peu éloigné. C’est une asso assez grosse, qui vit et fait énormément de choses. Quand on l’a créé, on avait 18 ans, on avait envie de faire des choses, de se professionnaliser, de vivre de l’art, de faire des expérimentations. On a monté un collectif où différentes personnes amenaient des compétences. On a fait pleins de projets qui ont été souvent été des one shot. Puis en 2009, on a eu l’idée de faire une installation interactive, visuelle et sonore, et socio-politique. Ça s’appelle « Les hommes debout ». Tu ne sais pas pourquoi il y a des trucs qui prennent et d’autres non. Là, contre toute attente, ça a cartonné. On nous a beaucoup sollicités. On a joué en France, puis en Chine. Du moment qu’on a tourné en Chine, pleins d’autres pays on appelé. Cet été on était à Singapour, l’année dernière en Roumanie. Et on a encore des dates qui arrivent. C’est le seul projet de l’asso dans lequel je suis encore impliqué. À la base c’était un collectif d’artistes, et aujourd’hui c’est devenu une boîte de production.

Soyons désinvoltes: En 2017, tu as sorti l’album « The world is all wrong but it’s all right ». Dans ce disque, il y a une liberté qu’on trouve peu dans les disques produits aujourd’hui en France. Il y a plein d’influence et de couleurs dedans. Comment le définirais-tu?
Grimme: Personnel. Il correspond vraiment à un moment précis de ma vie. Je n’avais pas vraiment prévu de faire un disque. J’ai fait une énorme transition dans ma vie du jour au lendemain, et j’ai eu besoin d’exprimer quelque chose pour me libérer d’un truc. Ce disque, ça a été un énorme cap pour moi. À Paris, j’avais des amis autour de moi qui réussissaient, mais en faisant de la musique un business, ce qui a toujours été à l’opposé de mes convictions même si j’avais envie de vivre de ça. Je n’arrivais plus à composer, je bossais avec des gens que j’appréciais, mais on ne se comprenait pas. Quand on parlait de musique, on ne parlait pas de la même chose. J’étais complètement perdu, et pas loin d’arrêter la musique. Et puis, j’ai eu un enfant. Pendant toute la période de la grossesse, tu attends, tu te dis que tu vas être père alors que t’es encore un gamin, que tu ne sais pas trop ce que tu fais là et où tu vas. Tu te dis que maintenant, il va falloir assurer. Ça m’a recentré totalement sur moi-même. Je me suis réconcilié avec mes envies de base, que j’oubliais un peu. Professionnellement, j’ai tout envoyé balader. J’ai quitté les partenaires avec qui je travaillais. À la naissance de mon fils, les morceaux sont sortis tout seul. Je me suis bloqué une semaine chez moi, j’ai fait défiler des copains en disant « Tiens, tu peux faire ci ? Tiens tu peux faire ça ? Tu n’as pas une idée ? ». L’album a été enregistré en une semaine, avec un pote. Je l’ai mixé à la maison et j’ai fait la pochette à partir d’un dessin d’une illustratrice auquel j’ai rajouté des trucs. Une fois le disque prêt, j’étais tout seul, sans aucun entourage pro. J’ai envoyé des mails à tous les gens que je connaissais pour leur présenter l’album, et de là, je n’en avais un peu plus rien à faire. J’avais fait le disque exactement comme je voulais, et savoir si ça allait plaire et si ça allait marcher, ce n’était pas important. Et finalement, le disque est sorti il y a un an, et il ne s’est jamais passé autant de choses pour moi dans la musique. J’ai rencontré des nouveaux partenaires, des gens qui me ressemblent, qui ont les mêmes valeurs que moi. J’ai fait 35 dates en 1 an et demi. J’ai rencontré un petit public avec qui on se comprend. C’est magique !

Soyons désinvoltes: Les textes sont écrits (coécrit) en grande partie avec Richard Dickinson (Rich Deluxe) et deux avec Emilie Gassin. Comment se passent ces collaborations ?
Grimme: Ce sont des gens avec qui je m’entends très bien et que j’aime beaucoup. Je chante les textes d’autres personnes, mais il faut que j’ai l’impression que j’ai écrit chaque virgule. Quand je l’interprète, il faut que j’aie l’impression que ça parle de moi. La chanson « Roses » qui parle de quelqu’un qui accompagne quelqu’un dans la maladie voir dans la mort, Rich l’a écrite en pensant à sa mère, et la chanson est tombée à un moment où moi je la chantais en pensant à ma grand-mère. Avec Emilie, on s’est rencontré puis on a beaucoup échangé par mail. Rich, ça fait quelques années qu’on bosse ensemble, on discute beaucoup par téléphone.

Soyons désinvoltes: Beaucoup des chansons font remonter des sensations et des émotions d’enfance. C’est quelque chose qui t’a marqué l’enfance ?
Grimme: Tout vient de là. Dans le positif comme dans le négatif. Tu passes ta vie à faire le tri de ce que tu as vécu enfant. C’est le gros du sujet, mais dans pleins d’aspects différents. Sur celui des traumatismes que tu peux avoir et que tu mets une vie à digérer, sur le côté nostalgique, mais aussi sur l’aspect beaucoup plus positif d’un regard naïf sur le monde. Je trouve qu’on manque de naïveté. Dans tout ce que je fais, ça a toujours été très présent. L’album, c’est une vision positive d’un constat négatif. Après il y a plein d’autres axes, c’est une histoire de lecture, de moments, de comment tu ressens les choses.

Soyons désinvoltes: Parmi les 11 titres de l’album il y en a un « London trains » que tu lis. Pourquoi avoir choisi de le présenter sous cette forme-là ?
Grimme: Ce texte, pour moi c’est une sorte de petit cinéma sonore. Sur scène à la base, c’était un petit court-métrage qu’on faisait. Il y avait mon violoncelliste et mon pianiste qui jouaient, avec la voix de Rich enregistré, et une vidéo. C’est très contemplatif. Dans le texte, il y a des petites références à tous les textes de l’album. Je trouvais que ça avait sa place dans le disque, j’aimais bien ce petit interlude qui coupe l’album en deux. Comme ça parle d’un mec dans les trains de nuits Londonien, la voix de Rich avec cet accent de la banlieue nord de Londres, avec ce grain de voix, ça collait vraiment. Donc j’ai voulu garder cette version-là pour l’album.

Soyons désinvoltes: Tu as choisi de faire plusieurs vidéos sur des titres de l’album. Tu expliques les avoir faits avec 3 bouts de ficelle, alors, comment s’est passée la réalisation de ces clips ? Tu prouves que l’on peut faire beaucoup de belles choses, même sans gros moyens quand on a les bonnes idées !
Grimme: Je n’ai pas tout clippé, mais il y a des vidéos sur pratiquement tous les morceaux, à part 3. Tout a été fait sans moyen, à l’huile de coude, à deux. Il n’y a pas un clip qui a coûté plus de 20€. Que des matériaux de récup ou dit « non noble ». Du carton, du scotch. Je les ai tous faits avec un pote, Guillaume Genetet, sauf un. On bosse vraiment de façon collégiale, on échange nos idées, on se voit pour en parler, puis lui filme et moi je monte. Ça ne fonctionne pas toujours comme on veut. Pour « From the bird » on avait tourné des images, et au montage je me suis rendu compte que ça n’allait pas du tout. Et on avait prévu avec mon label la sortie du clip pour une date précise 15 jours plus tard. J’ai eu l’idée de la machine en carton, je l’appelle pour lui en parler, mais il n’était pas disponible pour le faire rapidement. J’étais tout seul chez moi, j’ai retourné mon salon et j’ai fabriqué la machine. Ça m’a pris deux jours. Ensuite j’ai appelé un autre ami vidéaste, Mounir Ottai. Il est venu, et on a passé une nuit à filmer.

Soyons désinvoltes: Sur scène, Grimme a plusieurs formations si j’ai bien compris. Une où vous êtes 6 sur scène, avec de la projection vidéo, une en solo que tu as développé à un moment, et une en duo qui est celle dans laquelle tu as fait une tournée d’une quinzaine de dates cette année. C’est bien ça ?
Grimme: Je suis un timide, je manque de confiance. Il m’a fallu du temps avant de me sentir bien sur scène. Au début j’avais besoin de me rassurer. J’avais beaucoup de gens autour de moi et de la vidéo. C’était super ! C’était très beau et hyper orchestral, mais au final, ce dont j’ai vraiment envie, c’est chanter mes chansons aux gens et communiquer avec eux. Par la force des choses, pour des raisons économiques, j’ai dû tourner tout seul. Au début je pense que j’ai fait des mauvais concerts parce que j’étais terrifié, puis le stress est passé. Aujourd’hui jouer sur scène, c’est ce que je préfère et je pense même que c’est là que je suis le meilleur. Tout seul, il me manquait quand une version un tout petit plus arrangé, qui corresponde plus à l’univers du disque. Donc j’ai fait un duo avec mon ami d’enfance, François, avec qui j’ai commencé à faire de la musique vers 13ans. Il fait de la contrebasse, il chante très bien, il fait des synthés. On a fait une partie des dates de la tournée en duo, et j’ai fait les autres en solo.

Soyons désinvoltes: Quels sont tes projets pour les prochains mois ?
Grimme: Je prépare un nouvel album, mais je prends le temps de le faire. L’idée c’est d’aller plus loin, et de chanter dans ma langue cette fois. Chanter en français, ce n’est pas vraiment une envie, mais depuis 2 ans, j’ai écrit et composé pleins de trucs, mais je n’avais pas l’impression d’aller plus loin que ce que j’avais déjà fait. Je n’avais pas envie de ça, il faut se mettre en danger. Dans la musique, il faut se mettre à nu et d’être le plus possible soi-même. Je ne suis demandé quelle couche je devais encore enlever pour aller plus loin. Et la réponse a été d’arrêter de me cacher derrière une langue qui n’est pas la mienne et une façon de chanter qui n’est pas la mienne et qui ne sera jamais vraiment la mienne même si j’adore ça. C’est beaucoup de boulot, mais je sens que c’est ça qui peut m’amener artistiquement plus loin. Sinon, je prépare des duos, il y a des nouvelles vidéos de live qui vont sortir et il y a encore quelques concerts.

Soyons désinvoltes: Quelle serait ta définition du mot musique ?
Grimme: Pour moi, c’est une poésie mais totalement abstraite. La poésie, elle est partout. Ce que nous, on appelle poésie, ça va être dans les mots, dans la tournure d’une idée, dans une image. La musique, c’est la poésie à l’état totalement abstrait. La musique, c’est le seul art qui dans sa première forme est abstraite. La peinture « de base », c’est un art concret. Le cinéma « de base », c’est concret. La musique, c’est l’inverse. La musique concrète, c’est la musique contemporaine. La musique classique, c’est totalement abstrait. Donc pour moi, la musique, c’est de la poésie abstraite.