On a tous des artistes, des albums, des chansons et des concerts qui nous ont particulièrement marqué. Aujourd’hui, on vous livre le Top 20 de Arnaud Garnier alias Garner (auteur, compositeur, interprète) !

« Groupe qui t’a marqué, chanson qui t’accompagné, univers qui t’a inspiré, il a fallu renoncer pour choisir et proposer une liste variée mêlant divers univers. Tenir compte de ce qui a résisté au temps, de ce qui me cause gentiment aux oreilles aujourd’hui, de ce qui a moins résisté mais reste associé à un pan de la vie, une jeunesse, des amours. Tenir compte de l’admiration pour un artiste, d’un coup de coeur, d’une chanson qui fait mouche, seule et impertinente.

En gros je n’ai pas parlé de Nougaro et de la petite fille qui court sur le pont, de Brel, de Brassens, de la bicyclette de Montand que je fredonne à chaque virée en vélo, non plus de Nino Ferré, ni de Jad Wio, Depeche Mod, Loïc Lantoine, the Cure, Pink Floyd, de la malinche de Feu Chatterton, des projets solo de Romain Humeau, des projets de Damon Albarn, the Herbaliser, de Copenhague de Philippe Katrine justement puisqu’il interprète un superbe Serge avec The Herbalizer, de Talk Talk, de Midlake, The National, The Chemical  ou encore du groupe AltJ qui fait beaucoup de bien… Bref, tous ceux qui sont passés à la trappe… »

 

1 Bashung, Madame Rêve,
L’album Osez Joséphine, un marqueur dans mon amour de la chanson française et de ma passion pour Bashung, mon panthéon, ma base mais surtout des souvenirs impérissables, forts, romanesques. L’album BO d’une partie de ma jeunesse fougueuse et sans concession.

2 David Bowie, Space Oddity,
Parce que c’est juste énorme, que j’aime cette chanson aujourd’hui comme hier, une chanson de 1969 qui n’a pas pris une ride. J’aurais bien glissé un place pour Ashes To Ashes qui a bercé mon adolescence, mais 20 titres, c’est faire des choix et quand on a deux titres de Bashung à lister, on renonce… Space Oddity, la classe absolue. David Bowie se passe de superlatif.

3 William Sheller, Nicolas,
Allez savoir pourquoi une chanson a le pouvoir de vous hypnotiser autant et d’atteindre au plus profond votre mélancolie. C’est aussi des heures de marche sombre que l’on refoule en n’écoutant justement plus cette chanson. Ce qui ne lui enlève aucunement son pouvoir d’attraction.

4 Lhasa, La marée haute, The living Road
La voyage, la route, des parfums, des sensations de jeunesse et  de douce folie, le rhum et la tequila.

5 Radiohead, Paranoïd Androïd, Ok Computer
Le groupe que j’ai toujours loupé en concert, les boules absolues, mais bon. Ok computer à fond sur le pont d’un 40 pieds, gros poste fixé sur la première marche de la descente parti de Houat en direction de l’Ile Dieu, un cap, vent arrière force 3 établi, grand largue, pleine lune, ciel étoilé, ti punch, surf sur la houle. Navigation de nuit inoubliable qui marque un album et le grave profondément dans la mémoire.

6 Portishead, Magic Doors, Third
Probablement l’album le moins « commercial » de Portishead, dark à souhait, un album des grands espaces, Beth Gibbons royale, et puis, rien à dire cet album est un bijou.

7 Bashung, Je me dore, L’imprudence.
Mes amours je les ai sur la bout de la langue, elles me reviennent à chaque frontière… Un missile a élu domicile à l’Hotel de l’oiseau Lyre… Que dire de ces ouï-dire ? C’est la chaleur humaine. Je me dore… Là encore, ça se passe de commentaire. Soyons honnête, après Chatterton dont j’aurais pu glisser l’Apiculteur ou Un âne plane, cet album m’a décontenancé, mais à la seconde écoute, j’ai fait un grand voyage… L’alchimie Jean Fauque / Alain Bashung / Ludovic Bource donne un album somptueux et très audacieux. Je redécouvre cet album à chaque écoute.

8 Bob Marley, Sun is shining, In Session
Le remède à la mélancolie. Bob Marley est le Bowie du reggae, inégalable, indémodable, éternel. Un génie. Parmi tous les titres qui constituent presque autant de tubes, Sun is shining m’a toujours serré les entrailles, ce titre est d’une force aussi redoutable que son dépouillement, d’une fausse simplicité, c’est droit a coeur, les larmes aux yeux et une folle envie de voir la mer et de faire quelques pas sur une plage en fin de journée qu’aura caressée un soleil ardent des heures durant.

9 The Blaze, Territory
Tout récent puisque de 2017. Courir et courir encore. Voilà ce que m’inspire ce titre dont le clip ayant suscité des polémiques stériles a selon moi très justement mérité son succès.  J’adore littéralement les sons de ce titre même si je ne suis pas un fan de l’ensemble des titres de ce premier EP de The Blaze, ce titre est une référence pour moi dans ce qui se fait de bien dans l’électro française. Je l’écoute en boucle quand je cours parce qu’il me donne des ailles. A noter que Dijon est capable de sortir de son chapeau Yves Jamait et The Blaze. Incontestablement une ville d’avenir.

10 Patrick Coutin, J’aime regarder les filles
En gros, j’aurais voulu écrire ce titre, un tube efficace et macho comme je les aime. J’aurais voulu le chanter sur scène quand j’avais trente ans à fond de réverbe… Mais je l’ai pas écrit. La preuve aussi qu’une seule chanson peut marquer au fer rouge un chanteur. Patrick Coutin ne compte pas d’autres grands succès que ce titre de 1981. La chanson est une constellation.

11 Patrick Watson, Step Out For A While, Adventures In Your Own Backyard
Ma part romantique assumée, son univers m’accompagne régulièrement sur la route depuis sa sortie en 2012. Cet album est un voyage.

12 Jay Jay  Johanson, Suffering, Poison
Romantique toujours. Cette pop électro mélancolique et planante a le mérite elle aussi de se passer de commentaire. Je mesure au plaisir persistant d’écouter sa musique encore aujourd’hui que j’ai rencontré un univers qui a frappé quelque part ma sensibilité musicale et je ne cherche pas à comprendre pourquoi.

13 LCD Sound System,  Dance Yrself Clean, This is happening.
Au Madison Square Garden j’aurais certainement pris une claque totale (https://youtu.be/sWSK-3CN4Nw), je me contenterai de la baffe à l’Olympia… Ce titre qui s’étire dans une litanie tribale avant de décoller littéralement est un régal à entendre et à vivre en live. J’avoue que je surkiffe littéralement. Inventif, groove, complexe, James Murphy, est incontestablement devenu une de mes références.  Musicien, DJ, producteur, j’ai récemment redécouvert grâce à certaines de ses propres références des groupes comme les excellents Talking Heads…

14 Dominique A, Evacuez, Auguri
Avouons-le je trouve ce titre totalement déprime, et avoir écouté ce titre en boucle des jours durant en dit long sur ma capacité à écouter des chanteurs mélancoliques. Sans doute un truc lié à l’enfance  quand ma mère écoutait en boucle Jean Ferrat, Barbara et les chants du ghetto pour égayer ses samedi après-midi. Peu importe, ce fut ma porte d’entrée chez Dominique A dont je respecte grandement le travail même, si avouons le encore, Auguri qui date un peu, reste mon album référence de Dominique A. Dans Evacuez, j’aime le son et l’envie de manger des bolognese qu’il suscite pour reprendre des forces.

15 Son Lux – Plan the Escape– Lanterns
Rester dans l’actualité du son. Une préférence pour l’album Lanterns mais Son Lux a de beaux jours devant eux. J’ai écouté Lanterns en boucle. Inutile de disserter, c’est un univers qui me cause.

16 Dick Annegarn – La transformation – Sacré Géranium
J’adore les modulations de Dick Annegarn dans ce titre. J’aime le bonhomme, la carrière, l’audace, la voix… Mais La Transformation est un titre coup de coeur. La chanson en français prend toute sa dimension dans ce texte.  

17 Grizzly Bear, I Live With You, Veckatimest
Bah, c’est bon, c’est juste bon. Je commente pas. Ça mérite pas la compression du son sur deezer.

18 Camille, Je ne mâche pas mes mots, Ouï
Camille, mon adhésion n’est pas sans faille mais j’ai une réelle admiration pour l’univers très personnel et exigeant de cette artiste. J’ai choisi ce titre mais « Ta douleur »  est emblématique d’un succès populaire qui n’occulte pas l’exigence et le talent. Cela force le respect.

19 Noir désir , Tostacky,
Passons la triste chute de Bertrand Cantat, Noir désir reste pour moi le plus grand groupe de rock français de tous les temps, incontournable même si je me suis éloigné de ce type de rock un peu  brut à mon goût pour m’approcher de sonorités plus pop et électro. Avec la guitare de Serge Teyssot-Gay, la folie de Bertrand Cantat, ce titre met le feu. Je ne compte pas les excès que Noir Désir a accompagnés. Un groupe que je n’écoute plus mais qui à chaque écoute réveille de nombreux souvenirs.

20 Balthazar,Sinking Ship, Rats
Les arrangements de ce groupe à plusieurs voix lui donnent une couleur très personnelle. Les mélodies sont superbes. Ils chantent en anglais ces belges, et bien, c’est un superbe projet qui m’accompagne depuis le premier album en 2010, avec un coup de coeur pour l’album Rats sorti en 2012. Dans ma musique sur la route.

La playlist sur Deezer:


Bonne écoute, et à bientôt pour un nouveau Top 20 !