Antoine Elie a sorti son 1er EP il y a quelques semaines et sera en concert le 6 mars au Café de la Danse. La première fois que je l’ai vu sur scène, c’était en 2015 aux Rencontres d’Astaffort. Depuis, il a fait beaucoup de chemin, alors nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus sur sa musique et ses projets.

Soyons désinvoltes: Qu’est ce qu’il s’est passé pour toi depuis les Rencontres d’Astaffort de 2015 ?
Antoine Elie: Après Astaffort, je n’ai plus réussi à écrire ou composer pendant une période. Je me demande si ça n’a pas joué. Après je suis revenu avec la reprise de SCH, et c’est là qu’il y a eu un petit décroché et que je me suis mis à rechercher un peu plus dans ce style qui me ressemble. Plus urbain, moins chanson française. Au fur et à mesure de faire ça, et de poster en ligne. Stéphane Espinosa de chez Polydor a adhéré directement et m’a proposé de venir chez eux. En sortant du bureau, c’était évident de signer avec eux. On a signé en février, puis on a commencé à travailler ensemble sur le projet et ça m’a en plus créé une dynamique pour écrire d’autres trucs.

Soyons désinvoltes: Tu avais déjà pas mal de titres écrits, mais plus dans le style “chanson” non ? Il y a eu une vraie évolution qui s’est vu avec les titres que tu postais régulièrement sur les réseaux sociaux.
Antoine Elie: Oui, là je suis beaucoup concentré sur le fruit des pulsions récentes. Je suis content que ça se soit senti.

Soyons désinvoltes: Parmi tous les titres que tu avais écrits et joués en concerts ces dernières années, tu vas en garder certains et les réarranger pour qu’ils rentrent dans ton univers musical actuel ou tu vas les laisser de côté ?
Antoine Elie: Je pense que “La rose et l’armure” va rester. Et peut-être quelques autres titres comme celui-là aussi. Je ne leur tranche pas la tête. Peut-être qu’à un moment je vais devoir les réadapter. Je m’autorise tout.

Soyons désinvoltes: Qu’est ce qui t’a attiré vers le côté urbain, rap ? Qu’est ce qui t’a fait basculer vers ce changement de style musical ?
Antoine Elie: En fait, c’est clairement ce que j’écoute. J’en écoutais déjà beaucoup, mais en fait je ne m’autorisais pas. Je pense qu’il y avait une sorte d’auto censure. Je ne pensais pas être crédible si j’allais là-dedans. Donc je restais dans mon petit confort, dans ce que je connaissais, avec tous les codes de la chanson. Avec “Fusil” la reprise de SCH, je m’attendais à me faire jeter en fait. Comme l’équipe a trouvé ça super, on l’a quand même mise en ligne. Mon éditeur m’a appelé pour me dire que j’avais dégagé un truc nouveau, qu’on sentait les influences et qu’il m’encourageait à faire ça sur mes compos. J’ai raccroché, j’ai sorti ma gratte et j’ai écrit “Je réponds pas” en une demi-heure. On l’a mise en ligne dès qu’elle a été enregistrée quelques jours après.

 

Soyons désinvoltes: De donc là tu as commencé à travailler vraiment dans ce sens là.
Antoine Elie: Oui. C’était aussi une nouvelle façon de travailler avec l’équipe, de casser la routine installée depuis 4ans et de recommencer autrement. C’est génial et très excitant !

Soyons désinvoltes: L’EP est sorti il y a quelques semaines, je suppose qu’un album est prévu pour la suite ?
Antoine Elie: Bien sûr. Je continue à écrire en vue en l’album. Pour moi ça sera le premier vrai pas. Aujourd’hui on en est à des balbutiements très excitants. L’album, c’est la suite logique. À mon avis fin d’année ou début d’année prochaine ça ne sera pas loin d’être concrétisé.

Soyons désinvoltes: Il est comme tu en avais envie cet EP ?
Antoine Elie: J’ai beaucoup de chance, notamment avec les échanges que j’ai l’équipe Polydor. Ils m’ont laissé beaucoup de liberté artistique. Antoine Elie c’est un projet qui porte mon nom mais on est beaucoup à travailler dessus, chacun avec sa sensibilité. Il faut que chacun fasse des concessions. Je suis très fier de cet EP qui ressemble à ce à quoi il devait ressembler.

Soyons désinvoltes: Sur scène, ça va se passer comment ? Tu as des musiciens avec toi ?
Antoine Elie: J’ai rencontré deux musiciens, Wissem Rufioqui est DJ et Gabriel Le Masne qui est batteur. Pour l’instant c’est une formation à 3, mais elle est vouée à évoluer. On a fait un live pour le Parisien il y a quelques jours. C’est super !

Soyons désinvoltes: Est ce qu’il y a une chanson de l’EP que tu préfères ?
Antoine Elie: Ça change tout le temps en fonction des écoutes. Déjà quand tu écris la chanson tu ne l’entends pas pareil quand elle est finie. Et là, maintenant que l’EP est sorti publiquement j’ai tout réécouté et j’avais l’impression de redécouvrir mes chansons. Elles ne m’appartenaient plus, j’avais des retours des gens auxquels je ne m’attendais pas notamment sur “Toi qui m’écoutes”. À chaque écoute, elles ont chacune un petit quelque chose qui fait que je les trouve unique et que je suis fier d’elles.

Soyons désinvoltes: Quels sont les projets à court terme ?
Antoine Elie: Je pensais que c’était un métier simple, mais en fait il y a pleins de choses à faire. Il faut se concentrer sur le live, mais je continue aussi à faire du studio pour préparer l’album et il y a aussi beaucoup de promo à faire.

Soyons désinvoltes: Les premiers retours de l’EP sont très positifs.
Antoine Elie: Oui je suis très content. En fait, c’est surtout la nature des retours. Je reçois des messages des gens qui me racontent pourquoi ça les touche, et ça me touche beaucoup. Les gens m’entendent.

Soyons désinvoltes: Qu’est ce que tu écoutes en ce moment ?
Antoine Elie: Énormément le dernier album de Booba. Dans ma playlist, il y a beaucoup de rap.

Soyons désinvoltes: Si tu devais conseiller d’aller écouter un truc ?
Antoine Elie: L’Andante moderato (6ème symphonie) de Mahler, c’est trop beau.