Le Festival Django Reinhardt 2018 a eu lieu du 5 au 8 juillet dans le magnifique cadre du Parc du Château de Fontainebleau. Je ne devais pas y aller, mais un changement de programme de dernière minute fait que j’ai finalement décidé d’aller y passer trois jours. À ce moment-là, je n’imaginais pas à quel point ce changement de plan allait être positif !  

À peine arrivée sur le site, il ne suffit que de quelques minutes pour se laisser imprégner par l’atmosphère musicale et détendue. D’un côté le village des luthiers, avec une quinzaine de stands de guitares où amateurs et professionnels échangent et jouent de la guitare. Au milieu de toutes ces guitares, un stand intrigant, celui de Tribal Sounds (www.tribal-sounds.com), avec des Tongues Drums (ou Zagdrums) (instruments en métal percussifs et mélodiques) et des Didgeridoos (instruments à vent très ancien d’origine Aborigène d’Australie). De l’autre côté, la grande scène et des stands de restaurations permettant de voyager également gustativement avec des repas indiens, africains, etc., mais aussi le stand d’instruments du monde de William Fagot. Des instruments à cordes, à percussion et à vent, venant de près de 50 pays différents parmi lesquels chacun va trouver son bonheur.

Gary Clark Jr.

Durant quatre jours, la programmation éclectique du Festival à fait voyager à travers de nombreuses couleurs musicales allant du jazz au funk, en passant par le blues, le rock, la soul ou encore l’afrobeat. Quelle richesse artistique ! Parmi tous les artistes présents, je n’en avais vu aucun sur scène avant, et ne les connaissais pas tous. Vendredi, j’ai commencé par découvrir le Trio Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg et William Brunard, réuni pour l’occasion. Un très beau moment à se laisser porter par leur répertoire de standards et compositions. C’est le grand Gary Clark Jr qui a terminé cette soirée en beauté. C’est la première grande surprise de ce festival pour moi ! Chanteur et guitariste bluffant, accompagné par de talentueux musiciens dont l’énergie de groupe est communicative, il a embarqué le public avec lui dès les premiers morceaux.

Shabaka Hutchings

Samedi, j’ai commencé la journée par le concert de Hugh Coltman. Le chanteur britannique qui vit en France a sorti en mars 2018 un nouvel album Who’s happy ?, qui est inspiré par les sonorités de la Nouvelle Orléans où il a été enregistré. L’artiste est lumineux, s’amuse sur scène et partage son bonheur évident et sa musicalité avec le public. L’après-midi se termine avec des sourires sur tous les visages que je vois face à la scène à la fin du concert de Hugh ColtmanLa soirée commence donc dans les meilleurs conditions possible, avec un Quartet réuni exprès pour le Festival, et de composé de Evan Christopher, Fapy Lafertin, Dave Kelbie et Sébastien Girardot. Grâce à Evan Christopher, j’aidécouvert ou redécouvert je ne sais pas vraiment, la beauté de la clarinette.Le talent de l’artiste de la Nouvelle Orléans est indéniable et éclatant. C’est ensuite le magnifique saxophoniste Shabaka Hutchings et son groupe Sons of Kemet, qui ont continué la soirée.Encore un grand moment de ce Festival ! L’artiste londonien et ses musiciens Theon Cross (tuba), Eddie Hicks (batterie) et Tom Skinner (batterie), sont habités par la musique et la partage avec sincérité et intensité. Que de belles énergies à travers leurs morceaux ! Pour finir cette journée, Seun Kuti (fils de Fela Kuti) et Egypt 80 (le groupe de son père dont il a pris la tête depuis son décès), où quand la lumière de l’afrobeat ébloui tout un festival, ont fait danser le public jusqu’au bout de la nuit.

Marcus Miller

Dimanche, pour le dernier jour, j’ai assisté à deux concerts que je ne suis pas près d’oublier ! Pour commencer, celui de l’immense bassiste Marcus Miller. Je découvre le répertoire de l’artiste en live, et je passe par toutes les émotions. Je suis à la fois impressionnée par le très grand talent du musicien et à la fois touchée par sa sensibilité. Il a donné et transmis autant d’énergie que d’émotions. Son interprétation de Preacher’s kid (chanson dédicacée à son père) où il échange le temps d’un morceau sa basse contre sa clarinette basse est tout simplement bouleversante. Quel concert ! Aucun doute, le public a été conquis ! Après tout ça, pour clôturer le festival, il ne fallait pas n’importe qui ! Les Snarky Puppy étaient là, pour leur seule date Française de l’année ! Là encore, un très grand moment de musique !!! Les Snarky Puppy, impossible de les définir, alors je vous dirais juste que c’est une chance de les voir en live, parce que les écouter et les voir sur scène, c’est un voyage extraordinaire avec eux ! Et ça fait un bien fou !

Pour conclure, je tiens aussi à souligner l’accueil et la gentillesse de l’équipe organisatrice et des bénévoles du festival. Que c’est agréable de passer un festival dans d’aussi bonnes conditions !