Rencontre avant son live breton : Simple, sans chichis, Hollysiz (aka Cécile Cassel) se confie ! 

Bonjour Cécile, comment ça va depuis ton passage brestois ? (Ndlr : La Carène le 20/04/18)

Bah très très bien, la tournée a été hyper intense ! Les festivals notamment. On a beaucoup tourné cet été et on est tous très contents de repartir en salle puisqu’on était en plein air depuis plusieurs mois.

Peux-tu nous expliquer comment s’est passé le passage de l’album à la scène ?

C’est un travail que j’adore, car pour moi c’est presqu’une renaissance des titres. Déjà on est obligé de les « frotter » à l’ancien album « My name is ». Ce qui était un peu nouveau pour moi, ce qui était de décider quels titres de l’ancien album on allait jouer, essayer de les rapprocher l’un de l’autre. Car même s’il y a une continuité, il y a quand même des titres qui n’iraient pas du tout ensemble; en terme de production, d’arrangements notamment. C’est parfois tirer sur les anciens et les nouveaux pour qu’ils aient un point de rencontre. Ça c’est grâce à Xavier Caux, le directeur musical et co-réalisateur de l’album. Avec son oeil extérieur aux répétitions, il a apporté ses idées.

La réalité aussi c’est qu’en studio on a la possibilité de travailler avec de nombreux instruments et que sur scène nous sommes cinq musiciens. Donc on réfléchit à quels compromis et arrangements on peut faire avec la scénographie .

Pour moi, le live, c’est vraiment un 3ème chapitre, très différent du studio ou des clips, c’est une nouvelle vision des morceaux.

Présente nous ton « band » qui t’accompagne sur scène ?

Sur scène, j’ai 4 musiciens que j’ai conservé de la tournée précédente : 

  • Julie Gomel : Choeurs et claviers et 2e guitare
  • Alexandre Maillard :  Guitariste et bruiteur (nap, atmosphères) et choeurs
  • Pierre- Louis Basset : Basse, basse électronique et choeurs
  • Vincent Le Chevallier :  Batteur, Batterie électronique et programmation

Tous des artisans de la musique avec la touche « artisanat » et le côté « bricoleur »pour créer des sons , très faciles à créer en studio mais qui en live demande un réel travail spécifique.

A la technique , j’ai mon ingénieur du son Simon Bares qui est mon ami depuis toujours .

Jérémy Bargues aux lumières et collaborateur pour la scénographie qui a été créée par Laura Léonard .

Et nouveauté sur cette tournée : Nous avons un ingénieur du son retour ! 

Quel est son rôle ?

Quand vous êtes dans la salle vous recevez un son qui est traité pour vous donner le rendu qu’on aimerait que vous entendiez. Mais nous pour pouvoir jouer, s’entendre les uns, les autres on a besoin de quelqu’un qui vienne nous faire les retours. C’est à dire le son pour nous sur le plateau…

Par exemple, moi pour chanter j’ai besoin d’une ligne mélodique, harmonique importante donc sur certains morceaux je demande du piano très très fort et la batterie très basse.

Mais chacun met le mix qu’il veut dans ses oreilles, en fonction des repères dont il a besoin.

Donc les réglages sont très précis d’une personne à l’autre et c’est un luxe que nous n’avions pas sur la tournée précédente. Sur la première tournée nous n’avions pas ces petites oreillettes. Nous avions les retours via enceintes devant nous, où nous avions tout le brouhaha de la salle.des gens qui parlent, de la batterie très forte derrière nous, de tout…

C’est donc un luxe énorme en temps que chanteuse de pouvoir s’entendre et de se couper un peu du son extérieur pour mieux s’entendre. 

Hollysiz top FIRE AK
©Adeline Kerros

Penses-tu qu’on y gagne en qualité comparé aux shows d’avant ? 

C’est très différent, les shows d’avant étaient vraiment tout à l’énergie. Là, on peut se permettre d’être plus précis dans le son.

Mon second album est beaucoup plus dur à chanter, pour cela j’ai besoin de m’entendre. Sur la tournée précédente, je me suis beaucoup cassé la voix car je devais couvrir le brouhaha contrairement à maintenant via les retours, je peux être plus dans la nuance.

Tu nous as parlé de la scénographie, ton côté actrice ajoute un petit plus comparé aux chanteuses lambda… As-tu travaillé avec quelqu’un de particulier pour la mise en scène du spectacle ?

Oui, au tout début de l’écriture, j’avais beaucoup de matières en tête.

J’avais très envie de travailler le côté minéral, les miroirs, le chrome, les métaux…

Laura Léonard, scénographe pour le théâtre mais aussi pour les concerts mais qui créé aussi des espaces de vie pour des hôtels ou des restaurants .C’est une très très bonne amie, connue lors d’une pièce de théâtre, qui m’a suivie pour les deux tournées. On s’est échangé énormément de photos, de métaux après la fonte, en fusion, de la roche mais aussi de la mise en scène d’une compagnie de danse contemporaine.

On a partagé comme des « mood boards » et de tout ca elle est venue avec l’idée de paravents de miroirs mobiles.J’avais envie que cela soit évolutif à l’oeil et pas d’électronique comme c’est le cas des lumières qui sont commandées à distance. Et puis, j’aimais l’idée qu’on voit mon régisseur bouger les paravents comme au théâtre à l’ancienne. J’aime énormément le côté artisanal, que quelque chose se transforme sous nos yeux 

Par ailleurs, le miroir permet beaucoup de choses dans la lumière, la réflexion, la démultiplication. Comme il y avait beaucoup de choeurs dans l’album, j’avais envie de reproduire une démultiplication visuelle. Ces miroirs sont adaptables même le jour, où on a pu jouer avec les reflets du soleil, le coucher de soleil, les nuages. Parfois même les gens se voyaient derrière moi il y avait une marée humaine qui se démultipliait . C’était amusant ! 

C’est un spectacle que tu as pu jouer sur l’eau ?

(Sourires et rires)

Tout à fait, mais malheureusement on a pas pu mettre le décor sur la scène flottante. Cette dernière bougeait trop, le matériel était trop lourd. Et puis surtout le public étant à 360°, si on avait mis les paravents, une partie du public n’aurait rien vu. Mais cela aurait pu être super intéressant effectivement !

Et ça a fini dans l’eau ! 

Oui, ça a fini dans l’eau ! Dans l’Hérault ! (Rires)

Parlons de la danse qui occupe une grande partie du spectacle…

La danse c’est difficile de la décorréler du miroir, parce que n’importe qui qui a pris un cours de danse a pu remarquer qu’on apprenait face à soi-même.

Dans n’importe quel cours de danse, il y a un miroir dans la salle pour pouvoir se regarder, se corriger. L’idée des miroirs vient aussi de ça et de mon histoire.

J’ai passé tellement de temps dans les salles de danse que j’ai cette habitude de créer des chorégraphies face à un miroir, de connaître le miroir, de l’utiliser comme un outil.

C’est assez dangereux car quand on créé une chorégraphie, à un moment le miroir disparaît et on a tellement l’habitude de regarder cet écho qu’on en perd ses repères.

Mais là ça permet de démultiplier le mouvement, de créer des espaces en fonction des plateaux (de salle de concerts). Parfois même, je suis entourée d’une boîte de miroirs. Et selon l’éclairage on me voit de côté, de face, démultipliée, seule comme dans un kaléidoscope ou proche de la magie. C’est très ludique et cela met en scène la danse d’une autre manière.

Quel souvenir gardes-tu de cette première partie de tournée ? Les festivals?

Merveilleux, moi j’adore les festivals! C’est souvent très joyeux, c’est l’été. On est un jour en Bretagne, le lendemain en Aquitaine, le jour d’après on est dans l’Est. On bouge beaucoup plus que sur les autres dates rapprochées par région.

Sur cette tournée là, on a commencé, dès les premiers jours,(je ne sais pas pourquoi) à faire du bateau et finalement c’est devenu le « LOVE BOAT TOUR » : Partout où on allait on nous proposait un tour de bateau même parfois juste une barque sur la Charente ou à Caen. L’élément eau est très important dans l’album s’est retrouvé aussi dans la tournée jusqu’à finir dans l’eau !

Les festivals c’est aussi en tant que spectatrice, le plaisir de pouvoir aller voir d’autres concerts ce qui n’est pas du tout le cas en ce moment puisqu’on est tous en tournée aux mêmes dates. Donc j’ai pu voir le show d’Orelsan, Jain et de croiser les copains. C’est toujours assez rigolo, on est moins isolés…

Grosse ambiance du coup ?

Oui, oui, on mange beaucoup, on s’hydrate 😉 (rires)

Côté look sur la tournée, est-ce qu’il y a eu des changements pendant l’été ?

J’avais ma tenue blanche ou rouge selon les jours. Il m’est arrivé de mettre juste un t-shirt blanc quand il faisait très chaud. Mais cette tenue a vraiment été pensée pour la scénographie, elle a un côté liquide, on dirait presque de l’eau. Dans certains endroits, avec le coucher du soleil, les brillances donnaient de beaux effets.

En Polynésie , j’ai rejoué en short pour la première fois depuis 4ans car il m’était impossible d’enfiler la tenue initiale.

Quel est le créateur de cette tenue ?

Elle a été faite par Alexandre Vauthier qui est un ami et quelqu’un dont j’aime énormément le travail et qui créé mes costumes de scène depuis le début. Il a aussi créé la tenue de l’affiche et de la pochette de l’album. C’est quelqu’un avec qui on s’échange des images et puis ensuite je le laisse avec de la musique. Après on réfléchit ensemble, j’ai souvent une idée assez précise de ce que je veux .

Mais de travailler avec des gens qui ont un regard particulier, amène beaucoup plus loin et le résultat dépasse ce que j’avais pu imaginer !

On a parlé scène, quel lien as-tu avec ton public ?

Il est lien organique puisque j’ai vraiment besoin d’un échange. Je n’aime pas du tout l’idée d’un 4ème mur sur scène. Pour moi, le concert a été bon si le public l’a aussi été.

Si le public est bon c’est soit parce qu’il avait envie mais soit par ce que nous avons réussi à les emmener avec nous .

On transpire ensemble, on chante ensemble. C’est venu très naturellement, dès la première tournée de descendre dans le public.

C’est pas du tout réfléchit, c’est un besoin et une envie de communier…

D’aller au contact ? Tu n’as pas peur de cela ?

Dans la vie, je suis extrêmement agoraphobe et claustrophobe. Je n’explique toujours pas pour quelle raison je me mêle à la foule ! 

En tant que spectatrice d’un concert, je me mets toujours au fond de la salle, à côté de la sortie pour pouvoir partir assez vite… Alors que là je suis vraiment au coeur de la foule !  Quand la magie opère c’est qu’il y a eu un réel dialogue !

Le petit plus c’est même après le concert où tu viens au merchandising …

Oui depuis toujours ! Cela vient d’une curiosité de base, je voulais savoir qui sont les gens qui viennent me voir sur scène. Ce sont des rencontres, des moments d’ échanges plus intimes avec les gens. Leur histoire m’intéresse, la raison pour laquelle ils sont venus, ils écoutent ma musique. Quel écho cela a eu dans leur histoire, parfois c’est juste parce que ça leur fait du bien, pour danser et parfois il y a des histoires très inspirantes … C’est un double cadeau, souvent c’est moi qui prend le plus à ce moment là !

Et pour finir quels sont tes projets à venir ?

La tournée va jusqu’à Noël et on réfléchit sur la suite. Les projets c’est aussi d’écrire de  nouveaux morceaux mais je n’attends pas la fin de la tournée, je profite déjà de cette énergie de tournée, du temps libre de journée pour m’y mettre !

On attend ça avec impatience, merci beaucoup et à bientôt !

Merci ! 

Pour patienter voici quelques photos du live !

Crédits photos ©Adeline KERROS

Dates restantes de la tournée ! Prenez vos places !!