Pur-Sang, c’est le duo créé il y a quelques mois par Claire Joseph et Elodie Legros ( alias Skye), peu de temps après la fin de leur groupe Sirius Plan (en trio avec Gaëlle Mievis).Leur premier EP est sorti en novembre. Nous leur avons donc posé quelques questions sur ce nouveau projet.

© Caroline Diard/ Muriel Thibault

FilZik: Il y a quelques mois, vous avez créé le duo Pur-Sang. Vous aviez déjà ce projet de duo avant, ou c’est la fin de Sirius Plan qui a provoqué la création du duo ?
Elodie: C’était beaucoup plus spontané que ça. Ce n’était pas du tout prévu.
Claire: En Avril, Élodie m’a dit qu’elle avait fait une chanson, et qu’elle avait l’impression que ce titre n’ était pas pour elle toute seule. Elle me l’a chantée, et j’ai naturellement commencé à lui proposer des choses. Au bout d’un moment on s’est dit que ça valait peut-être le coup qu’on porte cette chanson à deux .
Elodie: Ça a été le point de départ d’une série de chansons qui sont arrivées très vite.
Claire: Ce n’était pas du tout prémédité, mais à ce moment-là, on s’est dit qu’on avait  quelque chose à créer à deux.
Elodie: Le plaisir de chanter à deux semblait être une bonne et simple raison de le faire. La spontanéité, le partage et l’envie, on marche à ça. C’est ce qui nous nourrit et donne envie d’aller de l’avant. On n’allait certainement pas se battre contre cette évidence !
Claire: C’est ça, c’était évident. Même les chansons se présentaient à nous comme si c’était “Bon alors, on y va ?!”. Le nom est arrivé de la même manière, d’un seul coup.

FilZik: Justement, pourquoi ce nom “Pur-Sang” ?
Elodie: Un nom de groupe, il faut savoir le porter, l’assumer et le présenter. On voulait quelque chose qui aille de l’avant, qui serait vibrant, mouvant. On était en voiture, on cherchait un nom de groupe, et Claire a dit “Pur-Sang” ! Un Pur-Sang ça galope, ça traverse des monts et des vallons, c’est vivant, bouillonnant, fiévreux. Ça nous a parlé tout de suite.
Claire: Il y avait aussi la notion de « à la source ». Pur comme un recommencement. Sans mauvais jeux de mots, il a vraiment fallu qu’on remonte en selle, qu’on se redynamise et qu’on fasse ce qu’on sait faire de mieux. Ce qu’on aime le plus, c’est chanter, faire de la musique, créer et avoir la possibilité d’offrir un propos simple et poétique.

FilZik: Votre premier EP 4 titres est sorti depuis quelques jours. Comment a-t-il été fait ?
Elodie: La première chanson est arrivée en quelques minutes et a ouvert la voie ! Les autres ont été composées dans la foulée.

FilZik: C’était laquelle d’ailleurs la première ?
Elodie: C’était “Pur-sang”. Le texte était déjà presque écrit en totalité, mais sans ce mot-là. Ça collait parfaitement. La deuxième s’est écrite quelques jours après, dans le Sud de la France.
Claire: On voulait partir créer dans un endroit chaud et avec du soleil.
Elodie: On est arrivé, il faisait froid et il pleuvait ! (Rires) Je prends la guitare, je commence quelque chose et la chanson “Soleil” nait. Ce que dit cette chanson, c’est que le ciel peut devenir noir, le soleil est au-dessus de ça. Il est toujours là.
Claire: Il y a aussi le rapport avec l’enfance qui est apparu dans l’univers «  Pur-sang ». Notre “enfant intérieur” s’est beaucoup exprimé. Dans la chanson “Pur-sang » on joue à l’Indien et on appelle tous les animaux qui peuvent être autour de nous. C’est notre chanson Totem. Dans “Soleil”, on claque des doigts, on joue au magicien et on voit si le soleil apparaît.
Elodie: Tu as raison de dire qu’on parle à notre “enfant intérieur”. Parce qu’ en faisant ça, on se donne l’autorisation d’y croire ; de croire que tout est possible. On peut appeler chaque animal totem et l’inviter à faire partie d’une meute pour tracer une route magnifique . On peut croire que le soleil brille toujours, car c’est la vérité. D’un coup de fièvre, tout peut sortir de nous et transformer le tout en quelque chose de très positif. À chaque fois on s’est autorisé à s’imaginer plonger dans les éléments, plonger dans la vie. On se roule dedans et on se dit qu’à partir de là, dans l’eau, dans le feu, dans l’air, dans la terre, tout devient possible. Si tu acceptes de faire corps avec ces éléments et si tu acceptes que ces éléments se marient avec toi, alors tu deviens une matière avec laquelle tu peux jouer. On peut se transformer en ce qu’on veut et on devient le super héros de son histoire. On a adoré faire ça en tant qu’adulte. Ça nous a fait un bien fou ! Ça nous a  rappelé ce qui était important pour nous. Le moteur depuis le début, qui a toujours été là en point de chute, c’est ce besoin d’être dans la vie et d’en faire une alliée.

FilZik: À l’écoute de chaque mot, c’est l’histoire de chaque chanson qui se dessine devant nous. Les textes sont très imagés et très proche de la terre. On les sent imprégné de la force des éléments de la nature qui nous entoure. On vous sent très connectées avec tout ça. C’est quelque chose qui est important pour vous ?
Elodie: Oui. Au moment où on a écrit les chansons, c’était primordial pour notre équilibre émotionnel ; pour continuer à rester dans quelque chose de pur. Cette pureté de l’intention est essentielle comme moteur de ce projet.
Claire: Je suis persuadée que le nom de ce groupe nous pousse à aller vers quelque chose d ‘ absolument essentiel. Un animal ne se pose pas de mauvaises questions. Un Pur-sang avance, il va là où il doit aller.

FilZik: Ce disque est complètement auto-produit ?
Elodie: Oui. Rebondir vite, cela voulait dire avoir rapidement un support, sans se poser les mauvaises questions qu’on a failli se poser. C’est-à-dire, est-ce qu’on est prête ? Est-ce que c’est rodé ? Est-ce que ce sont les bons titres ? Est-ce qu’on attend d’avoir des financements… On avait des titres. On avait un endroit, la Maison Des Artistes à Chamonix. On avait un moment, une semaine en Juillet, avec 4 jours de studio et 2 jours de live. Avec ses 4 jours de studio il fallait qu’on fasse quelque chose. On y est allé en se disant que si on y arrivait, on aurait 4 titres enregistrés et mixés, prêts à être pressés. Ça a donné un EP très spontané, enregistré dans des conditions de live. Il est absolument imparfait, et il nous va très bien. (Rires)

FilZik: Vous avez prévu de continuer à tourner en duo ?
Elodie:
Pour le moment je crois qu’on a besoin de se définir nous-même ainsi qu’ aux yeux des gens, et de se dire qu’à deux on s’auto-suffit. Rien n’est fermé, mais pour l’instant, jouer et chanter à deux nous fait du bien.
Claire: Ce qui est génial, c’est que la musique qu’on fait à deux est ouverte.  Du coup tout devient facile, souple, ludique ! c’est super, on peut vivre notre musique quand on veut, où on veut, dans n’importe quelles conditions. Mais les chansons sont aussi faites de façon à pouvoir inviter des gens. Il pourrait y avoir un harmonica sur « Fièvre » ou un violon sur « Soleil » !
Elodie: Ça laisse beaucoup de place au partage, ça offre un sentiment de liberté…

FilZik: Vous faites aussi les premières parties de Lulu Gainsbourg. Comment ça se passe ? Elodie: Très bien ! En fait, nous avons rencontré Lulu grâce à notre manager commun, Maurice Suissa. Il était persuadé que nous aurions de belles choses à faire ensemble, et il ne s’est pas trompé ! Nous avons créé des parties chœurs sur ses chansons pour le Live, et nous sommes devenues ses choristes pendant ses concerts. On s’est mise à son service avec beaucoup de joie. Et de fil en aiguille on a commencé à faire ses premières parties à Paris. Ça se passe très bien, l’aventure est belle !
Claire: C’est un mec en or. Tu fais partie tout d’un coup d’une nouvelle équipe, dont le Chef est fabuleux.

FilZik: Quels sont vos projets pour les prochains mois ? Est-ce qu’il y a des concerts prévus ? Claire: On vit la musique telle qu’elle se présente à nous. C’est bien parce que, pendant un moment, je crois qu’on n’avait pas du tout envie de penser à quoi que ce soit, et la musique a rempli tout l’espace. C’est une bonne manière de passer à autre chose. Mine de rien Sirius Plan a pris 7 ans de notre vie, et pour ma part, si je n’avais pas fait de musique juste après, je crois que j’aurais été plus triste. Là, on s’est  « accompagné ». J’ai eu l’impression que la musique me reprenait là où je m’étais arrêtée avant. Avec, en plus, tout le bagage de Sirius Plan. C’est tellement riche, tout ce qu’on a vécu. Ça m’a fait sortir de ma zone de confort, ça m’a enrichie.
Elodie: Moi, ça me montre simplement que le fil conducteur, c’est la musique. Ce qui se passe autour de la musique, ce n’est pas du tout anodin au contraire, tout ce que je construis c’est de l’humain, donc c’est important. Mais il n’y a rien de grave tant que la musique reste le fil conducteur. J’ai juste à suivre ce fil, et à partir de là, il ne peut arriver que de belles choses. Terminer un groupe et commencer autre chose, c’est simplement la vie qui continue, avec des cycles qui ont un début, un milieu, et une fin.
Claire: Ça permet de voir aussi où en est ta source et où tu en es. Ce qui s’est passé ces derniers mois me permet d’être hyper sereine avec ce qui arrive.. Pour ce qui est du futur proche, nous continuons à  jouer avec Lulu Gainsbourg, de belles dates de Festival se profilent cet été pour Pur-Sang, nous continuons un travail commencé en Home Studio pour un Documentaire, nous recommençons à co-écrire pour d’autres artistes… c’est varié, ça part dans tous les sens ! On adore ça !

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