Elisapie se dévoile en interview et en live !

Retours sur une belle rencontre humaine et musicale

 

Découverte via le label YOTANKA, Elisapie m’avait séduite avec son album The Ballad of the Runaway Girl... J’avais donc hâte de la voir en live et le rdv pris pour sa première date en Bretagne au Run ar Puns à Chateaulin !

Une rencontre nocturne, en toute simplicité…

 

Filzik : Bonjour Elisapie , peux -tu nous parler de ton parcours, de tes débuts ? Tu as déjà une belle carrière au Canada …

Oui cela 4 albums que je fais, j’ai un peu plus de vécu musical, de voyages, au Canada , au Québec surtout !

Cet album là m’a permis d’ouvrir encore plus mes horizons, surtout via ce qui se passe en France que ça réagisse si bien ici soutenu par mon label Yotanka (mes soldats extras) !

Ca rend les gens plus curieux chez moi, ils sont très fiers, comme on dit « il faut pogner ailleurs » ! Vraiment ce 4 ème album me permet d’explorer encore plus loin les territoires !

 Le 1er album c’était comment ?

Ca va faire bientôt 15 ans, c’était en duo, ça a super bien marché dès le début, ça a vraiment fait « Boum ». J’ai fait beaucoup de spectacles au Québec et au Canada. Deux albums après, ce dernier album est pour moi comme un nouveau chapitre. J’ai l’impression d’une nouvelle page très importante pour moi qui commence.

On sent un son, un univers qui est beaucoup plus dans la maturité. Le côté « esprit » est très présent, c’est comme un début de nouvelle aventure dans ce monde des profondeurs.

C’est tout à fait ce sentiment que j’ai à l’écoute… comme un voyage un peu bulleux, on part avec toi, on trace un sillon … 

Oui c’est ça qu’on essaie de faire et tant mieux …

Est-ce que tu puises dans ta culture, tes origines pour imaginer et créer cet univers ?

Oui bien sur , j’aime pas forcément avoir un concept avant de préparer une album car c’est souvent des trips que je ressens… Ca devient presque thérapeutique pour moi alors j’essaie de suivre mon instinct.

Mais cette fois là, c’était encore plus fort, le territoire du Grand Nord me manquait. J’avais besoin de reconnecter avec une façon d’être , de bouger à l’intérieur pour aller dans l’essentiel. J’ai bien fait de suivre cela car ça m’a emmené dans un voyage et c’est ça que j’ai besoin de mettre dans l’album pour que les gens se sentent en voyage et surtout en spectacle.

Le lien avec ton public est plutôt organique alors ?

C’est très émotif je pense oui. Ya des gens qui sont plus dans le côté électrique, un super beau show, un  » entertainment  » mais moi c’est plutôt émotif, je ressens mes chansons encore très proche de moi. Les gens nous font vivre de sacrés trips avec les musiciens et prennent les choses librement.

Tu nous parlais de ton Grand Nord , parler de cette culture est pour toi comme un engagement, tu en parles facilement …

Je pense que quand on est autochtone, on n’a pas le choix, on essaie pas d’être politique mais on l’est…

Tu l’as en toi ….

Oui on l’a en nous ! Surtout avec ce qui ce passe en ce moment, on est en pleine réaffirmation. En train de réaliser que les choses ont été faites de façon si injuste. On essaie de parler pour nos parents qui n’ont pas osé, qui se sont tuent car ils pensaient qu’ils n’avaient aucune valeur.

Alors on est entrain de dire que cela ne peut plus se passer comme ça. C’est vraiment important que je le ressente et que j’en parle.

Mais en même temps je le vis très bien , je suis en paix avec moi-même.

Alors oui, je vis des moments où j’ai besoin d’être « frontale »,  » choquée  » ou « fâchée » avec ça, je le fais parce que je sais que ça va pas rester  » pogné  » en moi! C’est important d’en parler aux autres, de partager…

De véhiculer un message … c’est toi qui a le micro à ce moment …. 

Un message d’ouverture oui …

De tolérance, comme quoi vous n’êtes pas tout seul chez vous et que la culture est partout … 

Exactement !

© Adeline K.

Qu’est ce qui t’as donné envie de faire ce métier, de chanter, est-ce que c’est venu naturellement ? Un besoin de t’exprimer par la musique?

Tu sais je viens du Grand Nord , c’était très isolé, être musicienne n’était pas nécessairement quelque chose que tu faisais. Mais depuis que je suis toute petite je chante , comme ça et j’ai toujours eu l’impression que je me sentais bien et apaisée en chantant. J’étais très gênée, j’osais pas trop, j’avais un côté introvertie … Je pense que la musique d’être un peu « the perfect drug » comme un médicament et pour moi c’est devenu nécessaire: Chanter c’est qui je suis.

Tu ne vis pas sans …

Ouais , dans mon quotidien j’ai besoin de m’exprimer. Quand ça sort mal je suis pas très bien , pas équilibrée… alors je pense à la musique. C’est devenu  essentiel pour moi, mon équilibre.

C’est quelque chose que tu transmets à tes enfants ? 

Je pense que c’est au delà du chant de la musique, je pense transmettre plus une manière d’être, de pouvoir s’exprimer de ne pas garder les choses qui nous pourrissent de l’intérieur . Ça sort dans différentes formes et c’est d’avoir un peu de folie, d’humour… Tout ça c’est un ensemble pas juste d’être chanteuse et de leur dire qu’ils seront juste entourés de musique… c’est un tout, un équilibre, un savoir être ….

Si tu avais des grands noms, des artistes qui t’ont influencés  …

Je dirais une façon d’être, de ressentir, un mode de vie, une vision c’est Léonard COHEN son côté bouddhiste, pourtant c’est un juif (rires)… Son côté Montréalais, son côté dualité aussi .. Parfois les gens pensent que je suis pure car je viens du Grand Nord et que je respire le bonheur.

Pas forcément ?  Non, non je suis capable de faire la fête, j’aime quand c’est un peu rock’n roll , j’ai ce besoin et aussi besoin d’une zenittude incroyable : j’ai cette dualité qui je pense fait de nous des êtres humains qui vibrent !

Comment as-tu élaboré « The Ballad of the Runaway Girl » ? 

Ça s’est fait très tranquillement , j’ai vécu des moments très pénibles entre Baby blues / Dépression post partum et une sorte de vertige émotif… où je me suis posé plein de questions.

J’ai pris du temps, je me sentais très fragilisée mais en même temps très vivante. Les chansons des années 70 , de mon oncle et son groupe m’ont beaucoup inspirées sont devenues comme les fondations de cet album.

J’ai dû apprendre une autre manière de faire : l’enregistrement live . On essaie de ne pas mélanger mais de garder, de capter l’émotion du groupe.

Plus artisanal ? Moins mixé ?

Oui même si ya des choses mixées mais on a voulu un son plus organique, l’esprit « ensemble » .

© Adeline K.

Parle nous du titre « Arnac » femme en Inuktitut ? 

On peut parler de la femme, de la force. Affirmer notre pouvoir sans peur , on n’est pas que mignonne, on est brutes, on fait naître des enfants.

Une sorte de Girl power !!! Oui !!

 

Quel est ton meilleur souvenir de scène ?

Des fois dans des petites salles c’est très fort mais la première fois au festival MAMA à Paris, avec un public nombreux et de grands noms de l’industrie , c’était stressant mais on avait aucune peur, les réactions du public étaient folles.

 

Ton album fétiche ? Leonard Cohen ?

Oui bien sur (rires) Bird on the wire de Leonard Cohen : c’est pas mal mon album …. et puis Out of the season de Beth GIBBONS ( Portishead ) m’a tellement fait voyagé, c’est juste incroyable !

 

Et dans les nouveaux artistes du Canada ?

Ohla yen a tellement mais Les Louanges que je « kiffe » vraiment, un jeune québécois très groovy, soul qui fait sonné le français de façon très sexy, très cool…

 

Merci pour ce bon moment et on a hâte de te retrouver sur scène cet été !

Merci à vous et à très bientôt…

 

Côté live : Mes impressions post concert : 

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Un beau voyage en compagnie d’Elisapie et ses 3 musiciens. Si l’album est plutôt posé, le live est résolument plus rock, plus énergique ! Très séduisant !

J’ai de suite retrouvé sa dualité entre force et sensibilité, son regard chargé d’émotions et sa voix assurée qui équilibre le show.

J’ai été émue par son histoire personnelle qu’elle raconte en présentant et en chantant le titre  » Una « … Quelle sensibilité, presque à fleur de peau !

Pendant tout le concert, Elisapie a su communier avec son public et nous emmener dans son Grand Nord ! 

Les guitares et la batterie ont clairement magnifié les arrangements!  Un pur régal pour les chanceux spectateurs qui en redemandaient 😉

 

Dates de concert :  

11 juillet à Arles : Festival les Suds

21 juillet à Carhaix : Festival des Vieilles Charrues

23 juillet Sion en Suisse

2 aout à Paimpol : Festival du chant de marin

3 aout à Crozon : Festival du bout du monde

 

Pour en savoir plus :

Site web : https://www.elisapie.com

Facebook : https://fr-fr.facebook.com/elisapieisaac/

Instagram : https://www.instagram.com/elisapie/?hl=fr

Twitter : https://twitter.com/elisapie

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