Rencontre avec La Grande Sophie, plus intime …

Il y a des artistes qu’on écoute depuis des années, un album vous touche, un concert se profile et une rencontre se produit …

©JohnnyKEETON

Bonjour Sophie, bienvenue en terre bretonne… 

Bonjour, Merci !

Je vous avais découverte, il y a plusieurs années, un peu plus rock… Pour ce nouvel album « Cet instant » il y avait peut-être d’autres envies ? d’autres influences ? un nouvel instrument ?

Et bien oui, il y avait tout cela… A chaque fois que je recommence, cette nouvelle aventure d’ écrire des chansons pour un nouvel album, je cherche toujours un élément moteur. J’ai besoin d’écrire avec des éléments ludiques, pas forcément avec des instruments que je maîtrise… J’étais très attirée par le piano.

Le piano c’est un instrument que je regarde depuis mon enfance. J’aurai voulu choisir cet instrument quand j’étais toute petite. Mais à mes 9 ans, on m’a dit que j’étais trop âgée pour choisir cet instrument alors j’ai choisi ma guitare que je peux transporter partout avec moi. Mais le piano, je l’ai toujours regardé de côté… Et puis là je me suis dit qu’il ne fallait pas avoir peur, à n’importe quel âge de commencer quelque chose. J’aime assez, dans la découverte d’un instrument, toute la naïveté, la simplicité d’aborder les choses… Cela m’a inspiré et m’a permis d’écrire différemment.

Le piano a vraiment été l’élément moteur, je suis même allée jusqu’à écrire et composer un morceau instrumental (ndlr : Qui est très beau !) . Ça me permet d’emmener des choses nouvelles, qui font partie de moi et j’espère que ces chansons provoqueront une émotion à ceux qui vont les écouter …

Pour notre part, c’est réussi ! On a retrouvé une plume un peu plus aiguisée, plus intime… Est-ce que c’était la recherche pour ce 8ème album ?

C’était un élément primordial pour moi. Je ne vous cache pas que les bruits de couloir que j’entendais « La grande Sophie, la mélodie… »…  Je me suis posé beaucoup de questions sur mes textes. Je me suis dit « Est-ce que j’ai été assez exigeante sur mes textes? Est-ce qu’on ne fait pas assez attention à mes textes ?… » Donc là, j’ai voulu mettre un point d’honneur à l’écriture. Jusqu’à la dernière minute, je me suis laissé le choix de changer les mots. J’avais envie de mettre un peu plus la mélodie de côté et de mettre en valeur ces textes là pour qu’ils soient très audibles, avec ma voix plus en avant. Ça a été ma ligne directrice tout au long de l’album .

La ligne directrice c’est aussi le temps qui passe, la vie, le couple, l’amour ? 

(Rires) Alors moi, ça a toujours été mon obsession et un fil conducteur à travers tous mes albums. Le temps qui passe et que j’ai du mal à attraper, le présent surtout … C’est pour cela que j’ai appelé cet album « Cet instant ». Le présent c’est un moment que j’arrive à m’accaparer sur scène. Et la scène c’est un moment qui compte beaucoup pr moi parce que je sais que je suis les deux pieds encrés dans le présent, je ne peux pas faire autrement. Alors que dans la vie quotidienne, avec des amis on parle toujours du passé, des souvenirs, on évoque aussi le futur. Mais ce présent, on le savoure toujours après. J’ai vraiment voulu mettre l’accent sur le présent. J’ai essayé de me dire « Je suis ce que je suis, à l’heure actuelle en 2019, je veux un son actuel de 2019, je veux un son qui ressemble à cette époque et qui m’appartient et me ressemble aussi »

Donc avec les réalisateurs de cet album, on a fait de savants mélanges avec l’acoustique et les machines…

Ce présent ,c’est aussi prendre le miroir à un moment donné, se regarder et on retrouve tout cela dans ce nouvel album…

Donc ça parle du vécu, la pochette nous invite aussi à cela … Comme une photo de l’instant… Le côté artistique qui fait parti de votre univers, avec cette vitre brisée… Est-ce que c’est l’objectif qui a pris un coup d’éclat, au fil des années ou encore une horloge sur laquelle on aurait appuyé et dont le cadran se serait cassé… On aurait dit « Allez Stop ! On arrête le temps et on se pose « 

(Rires) J’aimerais bien pouvoir faire ça, je ne sais pas qui saurait faire ça. Mais en tout cas, j’adorerai arrêter le temps. Cette pochette je la voulais à la fois poétique et je voulais qu’elle reflète ce moment, dans le titre « Cet instant », où je prends le miroir et je décris ce que je vois, jusqu’à me dire « Est-ce que je me reconnais… »

Car, on sait tous, en tant qu’être humain, que le corps se forme et se déforme au fil des années. Mais est-ce que mettre des mots dessus, ça veut dire aussi l’accepter… Ce pare-brise brisé, c’était une manière poétique d’évoquer les marques du temps sachant qu’il va encore se fissurer. Mais aussi souligner que parfois quand on se regarde dans le miroir, cela fait comme un choc, d’où l’ impact très marquant sur la pochette … 

Si on creuse et évoque les 9 titres de l’album… Il y en a peu, une volonté de garder la quintessence ? 

C’était voulu, j’ai failli en mettre que huit chansons car je n’avais pas prévu d’écrire l’instrumental. Je voulais, vu le thème de l’album, que le temps passe si vite, que les gens qui écoutent se disent « Déjà ! »

Cette phrase qu’on se dit souvent dans la vie « c’est déjà… On est déjà en automne… » Une phrase qui revient tout le temps… Je voulais qu’on ressent la rapidité du temps …

Le titre qui tourne pas mal c’est « Une vie », est- ce que c’est un Leitmotiv de dire « Allez on se secoue, on y va, on a qu’une vie »… Est-ce que c’était voulu comme dans les précédents singles « Du courage », « Quelqu’un d’autre » de se lancer un One shot pour rallumer la machine ?

« Une vie » c’est un hymne à la vie, où on se rend compte avec le temps et l’expérience au fur et à mesure des années. On se rend compte que chaque petit moment, si on le vit pleinement, peut être un grand bonheur. C’est se dire qu’il faut aussi savoir parfois se poser, observer, rester oisif, une grande qualité à notre époque où tout défile à toute allure, rêver …

Chaque moment peut être important , je voulais marquer cela dans ce titre. Quand je dis « Plains toi  » et fais beaucoup de contraste dans cette chanson. Il y a des gens, c’est dans leur tempérament de se plaindre, d’autres le font à juste titre car ils sont malades par exemple…

Mais pour moi, se plaindre c’est aussi une résonance avec la vie, c’est dire « Je suis vivant « …

On a craqué sur l’écriture du titre « Où vont les mots », on en revient au côté poète auquel on avait peut-être moins été attentif auparavant… On prenait peut-être plus le son plus rock et voulait que ça bouge… Il y a un peu plus de sagesse avec le temps… 

J’ai l’impression que vous nous avez donné des images tout au long de l’album, un petit cinéma dès la première écoute, est-ce que c’était une volonté à l’écriture…

Cette chanson, j’ai été très inspirée par une chanteuse et grande dame qu’est Françoise Hardy quand j’ai écrit le titre « Le Large ». J’ai eu de la chance car c’était la deuxième fois que j’écrivais pour elle. Quand j’ai écrit « Le large » elle n’avait pas fini son album, je lui ai demandé sur quoi elle voulait écrire… Et elle m’a répondu « Je ne sais pas mais toutes mes chansons tournent toujours autour du même pot »…

Ce mot « pot » a résonné en moi, je me suis demandé « Où vont les mots quand ils tournent autour du pot » c’est une chanson que j’ai écrite très rapidement, en une journée et je lui ai vite envoyé. Elle m’a répondu très vite, Françoise sait tout de suite ce qu’elle aime et là elle m’a dit « Cette chanson est pour toi » et je l’ai gardé. C’est une chanson qui amène aussi autre chose dans mon paysage musical, je suis très heureuse de la chanter chaque soir …

Si on parle du live, comment se mêlent les nouveaux aux anciens titres sur scène ?

Y-a-t-il une mise en scène particulière même si on ne va pas tout dévoiler …

Ceux qui me suivent et me connaissent savent que j’adore revisiter les anciens titres et les mettre au goût du jour, du dernier album. Je m’amuse beaucoup ! Pour le titre « Du courage » on doit être à la septième version ! Parfois, certaines personnes du public s’amusent à se dire « qu’est ce qu’elle va nous proposer cette fois ?  » Cela me fait des collections énormes de chansons, c’est un exercice que j’adore faire, de réarranger les anciens titres.

Pour la scénographie du spectacle, je voulais qu’on reste dans mon intimité. Toutes les photos projetées derrière moi, viennent de ce qu’il y a dans mon téléphone mais aussi des photos de mon enfance. Je voulais pas de banques d’images anonymes, je voulais que ça me ressemble au maximum. On a retravaillé toutes ces images avec mon ingénieur lumières, Erwan Champignié.

Si on parle de la nouvelle génération , je pense à votre cover de Billie Eilish et la vidéo des visages mixés, palpez-vous que vous pouvez être une source d’inspiration et d’admiration de nouveaux artistes et inversement ? Est-ce une façon de vous raccrocher à cette nouvelle génération, au public aussi … 

Oui, j’écoute beaucoup la radio, ça m’arrive de flasher sur des titres que je peux entendre . Et le titre de Billie Eilish « Bad Guy »,depuis cette année, je l’écoute en boucle et je me suis dis « Bah tiens si tu pouvais faire une reprise, amuse toi à l’écrire en français ! » Chez moi tout est un jeu !

Dans le phrasé, tout était possible, c’était pas si difficile que ça car j’ai trouvé des similitudes avec ce que je fais, je l’ai écrite en français et c’est un plaisir ! Ça y est le titre fait partie de la setlist de la tournée !

J’adore écouter les nouveaux artistes émergents, j’ai toujours une oreille tendue… La semaine dernière, j’ai découvert une pianiste québécoise Alexandra Stréliski, j’aime les sons, j’aime me dire que les modes reviennent et que c’est parfois étonnant ! Je suis très ouverte aux nouveaux auteurs et compositeurs !

Vous être aussi une source d’inspiration pour la jeune génération de chanteuses ….

Ça je ne sais pas mais je sais que quand j’ai commencé, je jouais dans les bars et je croisais moins de femmes sur scène… Alors que là maintenant, la musique féminine augmente et ca fait très plaisir. Je sais que moi quand je pars sur la route c’est une immense liberté donc c’est bien que d’autres femmes puissent prendre cette liberté, j’adore ça !

Et très jeunes comme Pomme, Barbara Pravi….

Oui Pomme que j’ai eu en première partie. Il y a aussi Blondino ou encore Emilie Marsh qui m’accompagnement. Je choisis souvent mes premières parties et parfois dans certaines salles ce sont des découvertes locales…

Je suis très attentive à l’évolution de la nouvelle génération, quand ils se cherchent puis à un moment donné il y a un déclic et la personne trouve son identité. J’aime bien voir cette petite bascule…

Vous avez eu des parrains ou marraines dans votre carrière ? 

Oui j’ai eu la chance, quand j’ai commencé, de faire les premières parties de Hubert Félix Thiéfaine, ça je n’oublierai pas …  Calogéro qui a eu la délicatesse de m’accueillir, j’ai fait des co-plateaux avec Mickey 3D

 

Vivement la suite en live …Merci pour cette belle rencontre …

Merci à vous aussi …

LIVE REPORT du concert à Plougastel Daoulas à suivre prochainement …En attendant un titre que j’ai aimé réentendre en live : «  Hanoï « 

 

Plus d’infos :

Site officiel : http://lagrandesophie.com.fr

Facebook : https://www.facebook.com/LGSOfficiel/

En tournée : http://3ctour.com/artiste/la-grande-sophie-2/

 

 

 

 

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