Rencontre avec une Ogresse de Barback !!

Plongée dans l’univers coloré et festif des Ogres de Barback !

Mathilde Burguière nous a reçu en loge juste avant le concert des Ogres de Barback à La Carène à Brest …

Bonjour Mathilde, merci pour votre accueil … Je vous ai connu adolescente et un peu perdu de vue … C’est avec plaisir que je réécoute votre musique et vais vous voir enfin en live ce soir ! Déjà 25 ans de carrière pour vous ??

Oui c’est ça ! On a commencé très jeune, 25 ans de concerts et on ne s’est jamais arrêtés !

Si on repart à l’origine, c’est une histoire de famille ?

On est quatre frères et soeurs sur scène et on a un petit frère qui fait de la musique aussi, il nous rejoindra un jour peut-être…plus tard, c’est un musicien multi-instrumentiste !

Comment avez-vous appris la musique ?

Notre Papa nous a vraiment incité à faire de la musique dès tout petit, il y avait beaucoup d’instruments à la maison et il nous a fait écouter beaucoup de choses. Il était lui-même musicien, forcément on a mis le nez dedans dès petit !

Ce qui vous caractérise c’est d’être indépendants, artisans de la musique, artistes troubadours …

Oui c’est ça on se considère comme des artisans ! On a fait notre « tambouille » familiale avec quelques copains. Ils ont appris le métier en même temps que nous, on a créé notre entreprise familiale et on est dix personnes à vivre avec le projet des Ogres de Barback toute l’année depuis 20 ans !

©AdelineK.

Vous voyagez un peu partout et pas qu’en France avec votre groupe ?

Principalement en France puis une fois par an on part, notamment au Bénin (d’où vient la fanfare Eyo’nlé) et dans d’autres pays francophones quand on nous appelle (Québec, Suisse, Belgique …) .

Et un peu dans le Sud ? En Espagne, avec votre touche un peu tzigane ? 

Et bien non, jamais ! On a jamais joué là-bas !

C’est un appel ? (Rires)

Oui !! (Rires) J’adorerai y aller mais on y a jamais mis les pieds pour jouer !

Il y a des régions où on va tout le temps comme la Bretagne, on s’y sent comme chez nous et d’autres où on y est jamais allés comme dans le Sud Est …

Le caractère authentique, auto-produit est-ce selon vous, un gage de longévité ?

C’est sûr que nous avons pris le temps de faire les choses à notre image. Nous avons tout décidé depuis le début. Si on a des difficultés, on s’en prend qu’à nous même. On n’a de compte à rendre à personne, c’est une grande liberté. On décide de quand on veut le faire, avec qui et avec quels moyens. Je pense que c’est notre secret de longévité oui !

On a fait beaucoup de concerts, le bouche à oreilles a bien fonctionné ! On n’a pas fait 18 passages en radio chaque jour, jamais … On ne l’a pas forcément décidé, il se trouve qu’on ne passe pas dans les grandes radios mais au niveau des concerts on a jamais eu à se plaindre ! On a pris le temps de travailler chaque projet différent, chaque concert et tournée. Les spectateurs voient un spectacle différent à chaque tournée et cela nous tient à coeur. On ne s’ennuie pas et on est tout le temps en train de se remettre en question !

Au final, un esprit de troupe entre frangins et frangines ? Est-ce toujours facile de travailler en famille ?

Ça va, on se connait tellement bien qu’il n’y a pas de problème. C’est plus facile je trouve, qu’entre copains où il peut y avoir des histoires d’égos.

Est-ce que vos propres familles voyagent avec vous en tournée?

Non, on a chacun nos familles. On part des demies semaines, du jeudi au dimanche par exemple et chacun rentre chez soi à la fin. En plus, on n’habite pas du tout à côté tous les quatre. On est éparpillés, tous les quatre et avec l’équipe, on n’est pas forcément voisins… On se retrouve vraiment pour les concerts…

Ce qui explique que vous ne vous lassez pas … vous vous manquez un peu ?

Ça nous permet de respirer un peu, on est contents de se retrouver aussi !

Vous avez toujours eu une touche de métissage dans votre musique, comme un esprit de partage … Est-ce que c’est aussi la base des Ogres, de ne pas se suffire à vous quatre et d’aller vous nourrir des rencontres avec les autres populations , d’autres artistes ? 

C’est ce qui nous a plu dès le départ, c’est le fait de voyager… On a appris plein de choses de ces voyages… Dès qu’on va quelque part on ne peut pas s’empêcher d’aller écouter ce qui se passe.

Sur les Pitt Ocha, on a ramené des langues différentes, des instruments traditionnels. On aime bien l’ouverture sur le monde et c’est ce qu’on essaie de transmettre surtout sur les albums pour enfants.

 

Y a-t-il des messages que vous souhaitez transmettre, une envie de raconter des histoires ?

Oui nos chansons ne sont pas anodines, il y a toujours un petit message. On a toujours envie de faire passer quelque chose, pas tout au long de l’album mais notre truc c’est de raconter ce qui nous tient à coeur.

On sent des textes « citoyens » engagés …

Oui c’est important pour nous de parler aux et des gens. Ce sont des histoires de vie, ce qu’ils nous racontent et on a envie de les transmettre sur scène.

Il y a un côté non censuré à mon sens dans votre musique comme « fumer un pétard »…Certains artistes ne s’autorisent plus à le faire ou au contraire d’autres en font leur fond de commerce… Vous c’est plutôt une parole libre …

C’est plutôt un langage qu’on a tous les jours, on calcule et s’interdit rien au final…

C’est Fred qui écrit les chansons, en général quand il nous les présente on n’a jamais eu de mots à changer.On est toujours tous les quatre sur la même longueur d’ondes. Ensemble, parle beaucoup de l’actualité, des choses qu’on vit et on en fait des chansons !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Sur scène, on sent une communion entre vous, une seule voix porte cette parole et les quatre autres et leurs instruments s’accordent à celle-ci…

Oui, c’est vraiment un groupe, ça se ressent sur scène. Souvent les gens nous disent après le concert que ça leur fait du bien. Il y a vraiment un esprit collectif qu’on peut perdre dans la vie…

Il y a peut-être de cela aussi dans les gros shows à l’américaine où il y a moins de proximité, non ? 

Oui qui sont pas très humains, nous on reste très simples en fait.On vient à la rencontre des gens après concert, cela fait partie de la soirée. Quand on sort de scène, on veut aller voir les gens, avoir leurs retours.

Cela vous influence ? 

Oui et puis c’est là qu’on vit les moments humains de ce métier sinon ce serait moins drôle quand même et unilatéral.

On vous découvre en salle à La Carène https://filzik.com/2019/12/16/les-ogres-de-barback-font-la-fete-a-la-carene/ , est-ce que vous trouver du plaisir aussi en festivals ?

C’est différent, l’été c’est plutôt en festival en effet, ça nous permet de rencontrer d’autres groupes de musique. On croise plein de gens qui permettent de faire des collaborations ensuite sur nos disques !

Si on évoque le dernier album « Amours grises et colères rouges », quelles envies avez vous eu ? Parlez nous de la génèse…

Fred avait plein de chansons car cela faisait un moment que l’on n’avait pas sorti de disque. Il avait engrangé plein de titres, on avait plus qu’à choisir ! Il y avait vraiment deux thèmes qui se dégagaient : Les colères toujours car c’est assez représentatif des Ogres et la nouveauté les chansons d’amour qu’il n’avait jamais vraiment abordé… Elles ne sont pas spécialement joyeuses mais en tout cas c’est une nouveauté pour nous !

Les amours grises parlent de douleur avec un fond d’amour et d’espoir aussi car c’est aussi ça la vie !

Votre place après l’écriture, ce sont les arrangements ?

Oui c’est ça, quand on a les textes de Fred on se pose tous les quatre avec la mélodie qu’il a préparé. On s’approprie ensemble ce qu’il a travaillé en amont puis chacun inspiré par une chanson y met sa patte. On se réparti le travail ainsi, séparément puis on se partage les choses et on finalise ensemble. Souvent on joue sur scène les morceaux avant de les enregistrer donc on les teste face au public. On aime bien ça, une fois qu’elles fonctionnent sur scène et que ça marche c’est là qu’elles sont vraiment terminées ! C’est le cas de la chanson « Petit coeur » qu’on a longtemps joué, le public l’a tellement demandé qu’on la enregistré sur le disque.

 

Le lien avec le public pour certains c’est une longue histoire… Certains viennent maintenant avec leur propres enfants ?

Oui pas mal de gens nous ont connus dès le début, qui sont encore là aujourd’hui et fidèles. Maintenant on a un panel de générations, parents, enfants et grands-parents, au concert et c’est chouette! Avec les disques pour enfants on a toujours une ribambelle d’enfants au premier rang et ça c’est drôle !

Un jour peut-être un festival pour enfants ?

Il est question qu’on le fasse d’ici deux ou trois ans, qu’on se penche sur l’histoire de Pitt Ocha, avec un autre disque et peut-être un spectacle spécifique pour les familles ! On ne sait pas encore dans quelle forme, accompagnés aussi d’autres artistes … On y réfléchit … A suivre (Rires)

A quelques jours des commémorations des attentats du Bataclan, j’ai été émue par le titre « Pas ma haine » inspiré par Antoine Leiris, vous a-t-il permis de toucher un autre public ?

Je ne sais pas si c’est un autre public, elle a parlé à beaucoup de gens… c’est une chanson qu’on a beaucoup joué sur scène avant de l’enregistrer.Elle a été écrite après l’évènement, suivant l’actualité…  Tous les soirs, les retours étaient qu’il fallait pouvoir écouter la chanson autrement…

C’est aussi plein de sensibilité, ce qui vous correspond totalement …

Oui, il y a toujours un petit message, une petite colère …

Merci beaucoup pour cette rencontre et à très vite

Merci à toi !

 

Le groupe des Ogres de Barback est à retrouver sur scène :

https://lesogres.com/actualites/concerts

Plus d’infos sur :

Site officiel : https://lesogres.com

Facebook : https://www.facebook.com/lesogresdebarback/

Twitter : https://twitter.com/ogresdebarback

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s